Rugby à Metz

Ils sont venus. Nombreux.

Il en manquait à bord. Des bons, des forts qu’on recroisera ailleurs. Ou pas. Des qui sont plus là, mais toujours là. Dans nos esprits, nos coeurs et nos sourires. Des qu’on se trimballe encore, qu’on cite. Affectueusement.

Des étreintes et des bises. Des brioches, pas qu’en bandoulière. Des crochets qu’on ne fait plus, à moins de se prendre les pieds dans le tapis. Des marrons qu’on ne colle plus, parce que le temps qu’ils arrivent…Et on ne se sent plus capable d’encaisser. D’encaisser pour de vrai, j’entends. Sourire.

On a parlé de La Rochelle. Pas des filles. Enfin, si, mais pas en même temps. La Rochelle, on lui a réglé son sort- comme si de besoin- en deux temps, trois mouvements. Façon « Toulousaine ». Les filles, on a glissé sur le sujet. Léger. Un sourire pour celles qui ont cheminé, avant, aprés, à nos côtés, qu’on a ou qui nous ont plaqués. On ne sait plus trop. Sur le « pendant », on s’est fait discret…

Il faisait beau. Il faisait chaud. C’était bon de voir tous ces enfants, et ces parents d’enfants, et ces parents de parents d’enfants. Du ballon ovale, des passes, des plaquages, des rucks pour faire « british » et des coups de pied, aprés un coup d’oeil. Et la bière, saucisses-frites. Le vin de Moselle, ce sera pour une autre fois.

Puis nous avons dîné, entre mélancolie et nostalgie. J’aime les deux. Je ne veux pas choisir. Je porte la mélancolie de l’immigré, plutôt bien, je crois. Sourire. Une espagnolade qui ne se dissipe pas. La nostalgie, façon Barbara Cassin. Trés chic.

Nous avons dîné gentiment. Mon ami d’Amérique et mon ami de Joeuf. Sans trop retoquer le monde. En le prenant tel qu’il est. Je leur ai parlé de Pontarlier. Une destination qu’il faut mériter ! Le soir tombant, nous avons reflué…une bière teintée d’amertume pour adoucir le départ.

Trente ans ont passé. Avec des pointillés de rappel messin. Je me suis rappelé des lieux à voix haute, avec la fierté de les avoir parcourus. J’ai pensé à d’autres que j’irai visiter. Bientôt.

Agur