Avant…

« Eh bien, on va la poser… » et quand j’ai prononcé ces mots, j’ai passé ma main dans mes cheveux…Euh, sur mon crâne. Peut-être un geste de stimulation tendre pour mon cerveau. Parce qu’il a fallu en mobiliser des connaissances. Des souvenirs. Des réminiscences. Enfin du vécu et du « su » d’autrefois.

La multiplication. Avec des décimales, en plus. Une opération du monde de l’arithmétique. Un truc qui m’allait plutôt bien. Avec de la craie qui crissait, du tableau, de la poussière aussi. Un peu aprés les bouteilles d’encre et ces encriers, qui habitaient nos tables d’écolier. Une opération planifiée sur plusieurs années. Bien « découpée ». Les tables ingurgitées, façon par coeur. Puis les multiplications à poser. Le fameux décalage, vers la gauche. La virgule à reporter à la fin. Et le total en n’oubliant pas les retenues.

Et ça m’est revenu. J’ai regardé mon téléphone portable posé sur la table à côté. Mon petit ordinateur qui sait tant de choses. Qui n’en peut plus de son succès planétaire. Un avorton qui a su se rendre indispensable. Je l’ai toisé. Pour une fois.

Je sais encore faire une multiplication. Mais pour combien de temps ?! La calculatrice n’oubliera pas. La calculatrice du petit ordinateur. Le petit ordinateur, lui, ne m’oubliera pas…

Agur.