Il neige

C’est comme une manie, ici, à Pontarlier. Une chute. Un de chute. Plusieurs de chute. De longues chutes abondantes. Des jours, des nuits à tomber.

Il y en eut en décembre, en janvier, jusqu’en février. Pas tout le temps, mais presque. Pour finir, humiliée, la neige. En tas gris, noir, souillée. De grandes quantités disposées dans les parcs. Pour un dernier voyage, en camion-benne; direction le Doubs.

Puis les derniers tas, dont personne ne voulait. Condamnés à fondre. Suppurer. Dégouliner. Comme on exhiberait sur la place publique des coupables. Livrés au mépris, pis encore, à l’indifférence.

Depuis hier, ça chute, à nouveau. Ca choit. Le sol est blanc. Pas totalement recouvert. Mais ça vient. Du coup, je lorgne vers les saints de glace. Parmi eux, une parole, celle de Saint Bernardin. Une inquiétude. Un frisson dans le bas du dos. Comme en provoquerait une discrète coulée de neige…

« S’il gèle à la Saint-Bernardin, adieu le vin ».

Agur

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