Promesses d’Hiver à Pontarlier

Le froid est devenu le sujet de conversation, à Pontarlier. Il a fait froid, à la mi-septembre, mais depuis, non. Il pleut. Le ciel se rapproche des terres. Le décor n’est pas encore monté, mais il est prêt. Une bande grise dans le ciel, qui joue à cache-cache. Quelques arcs-en ciel, cette dernière quinzaine. Une facétie de montagnards. Des qui aiment la peinture et les couleurs !

Le froid est là. Présent. Palpable. Il s’immisce dans les conversations. Ce sont les « pneus neige » qu’il va falloir monter. « En novembre », « avant », « dés la mi-octobre », demain ?!…

Un investissement…de rigueur. Une stratégie. Un rite. Une pulsation. Entrer dans l’hiver, avant l’hiver. Le précéder pour ne pas être surpris. Courir devant les blancs manteaux, les flocons, l’or blanc qui se répandra généreusement. Hâter le pas, sans se presser, sautiller avant, s’agiter, échafauder tant de scénarios incertains, jouer à se faire peur. Comme les coureurs avant l’encierro, à Pamplona, du temps ou l’on pouvait déambuler dans les rues…Las calles, Estafette, kalea…

Le froid est là. Dans les têtes. Les doudounes, les chaussures imperméables, les gants, les bonnets. Se vêtir, se couvrir. Le Mont d’Or est blanc déjà. Le lac Saint-Point sur lequel on va patiner. Les photos avec ces talus de neige, rue de la République.

« Le froid ! » ; même pas la peine de s’annoncer. Un engin, dont j’ignorais tout jusque-là, suscite convoitises et murmures d’approbation. Une machine rutilante. De couleur rouge, qui pète. Qui se pâme en tête d’affiche. La fraise à neige. L’indispensable outil pour déneiger.

Dé-neiger. L’or blanc en frénésie, déjà. Un premier paradoxe d’hiver. Compréhensible, puisque nous ne sommes qu’en automne, finalement. La volonté affirmée, affichée, de chasser la neige, qu’on appelle pourtant de tous ses voeux…Sourire.

Agur