Confiniment (7)

Et les jours se succèdent. Ceux de la fin de semaine, ne revêtent pas leurs plus beaux habits. Rentrés dans le rang, qu’ils sont. Pas davantage d’occasion de sorties, les stades, les salles de concert, les débits de boissons qui ne créditent plus…Et ça ne fait pas de grand frisson, comme chantait tant certain.

Confinés. C’est-à-dire que l’on voit notre fin, un peu, un peu plus ou un peu moins. Confinés. Même pas égaux, là-dedans non plus. Entre ceux qui sortent de chez eux, pour se rouler dans l’herbe et ceux qui en sont à rêver de descendre leur sac-poubelle. Entre ceux qui courent, et ceux qui ne marchent plus. Ceux qui ne marchent plus aux gesticulations du petit écran, et ceux qui y sont reliés, chaque fois davantage, des fois qu’une bonne nouvelle arriverait, comme ça, comme par magie…

Confinés. Avec cette vague sensation que l’on nous dit pas tout. Pourquoi toutes ces victimes ici, et ces gens qui continuent là ? Les masques sont une obsession, entre ceux qui nient l’évidence, sans répondre aux questions, et qui en ont, et ceux qui en manquent, pourtant exposés. Bas les masques, hardi les masques.

Confinés. Ces productions que l’on a abandonnées, ici. Pour mieux constituer une douce pointe occidentale de l’Europe, terre de tourisme, de loisirs, de plages, de gastronomie, avec une petite expertise concernant l’aviation, sans plus. Ça nous allait bien, jusqu’à il y a quelques jours. Maintenant, ça a une drôle de gueule. Comme une rentrée à six heures du matin, avec une anarchique circulation des neurones, pour des décisions chaotiques qui s’ensuivent…

Confinés. Après il y aura un dé confinement. L’on ne sait pas quand, ni comment, ni dans quel ordre. C’est devenu maintenant, très intéressant, pour ceux qui dirigent. Ils s’abritent derrière ce nouveau parfum d’humilité feinte, « nous ne savons pas tout », pour ne répondre à rien. Ça en aurait presque un effet comique, en d’autres temps.

Un effet comique, disais-je, un sourire à tout le moins. Une pause en attendant le déferlement de chiffres, de graphiques, d’indices qui nous sommeront d’aller travailler pour gagner notre maigre pitance. Des dettes excipées, dont on se demandera dans quelle unité elles sont évoquées. De quoi nous faire courber la tête, un peu plus encore : la déconfiture.

Agur

2 réflexions sur “Confiniment (7)

  1. Bonjour Christian, j’apprécie ta belle prose , tantot optimiste, tantôt résignée, tantot désabusée mais toujours un peu rebelle .
    Je me permets 1 commentaire : je ne suis pas sur qu’1 complot de dirigeants ait sciemment délocalisé certaines productions pour faire de nos zones des paradis touristiques.
    Nous sommes en train de faire la meme chose avec nos productions animales, pas a cause de grands capitalistes ni a cause d’1 volonté politique…. non simplement parce que 1 elevage a creer, en respectant toutes les regles ( et elles sont tres lourdes en F/ pays voisins ) , devient pire qu’une centrale nucléaire pour le voisinage et que pour trouver les gens pour y travailler , tu dois aller chercher des roumains , portugais .. etc ….

    J'aime

    1. Bonjour Olivier, merci de ton commentaire. Ravi de te lire. J’ai quelques questions alors : qui édicte les règles ?…Qui a intérêt à un tel niveau de contraintes ?…

      J'aime

Les commentaires sont fermés.