Iraila, bi kostuen

Des canards se précipitent prés du port, à Gernika. Des poissons aussi. Apparement, ils se partagent le territoire sans se quereller. Au bout de l’estuaire, ou pas loin du commencement. Enfin, ça dépend si l’on considère la chose, côté « canard » ou « côté  « poisson ». Les fêtes d’Errenteria sont passées. Les bateaux d’Elantxobe et d’ailleurs aussi. Les joies de l’effort, les bras en cadence pour exciper le pied marin ! L’aviron dressé pour célebrer l’autre, aussi. Méritant. A Itxassou, les moutons prennent leur temps encore. La rentrée des classes n’est pas pour demain…

Le marché de Cambo est toujours plus peuplé. Des produits plus bio que bio, exotiques, etc…En terrasse, au Trinquet, les mots des cheveux gris. Couples, amis, solitaires. Tous battent en retraite. Presqu’une réserve qui ne dit pas son nom. Ca apéritive un peu, ça pintxote sur les bords, ça cafetiere aussi. Le temps de la matinée s’étire doucement. Le repas à midi n’est plus d’actualité.

Le monsieur au scooter vient de débarquer. Sans casque. Il ne fait pas encore froid. Le nez, sec. Plus tard, il coulera. Peut-être gèlera-t-il un jour ?…Il n’a pas commandé. Il s’est assis et on lui a apporté. La marque des grands. D’autres réclament avec une voix forte. Une tasse bien pleine de liquide vert. De l’alcool, du courage pour continuer de balayer en rêvant que l’on vole, que l’on s’envole, que l’on décolle…Ici, vêtus de vert. Là déguisés en orange, les gens de la voirie. De l’entretien, des routes, certains en déroute.

A Amorebieta, un magasin si utile, de l’inutile. Des confiseries chimiques à souhait, du salé, du sucré. Quelques glaces. Des pipas, des pipas à partager, à consommer fébrilement. Version « lama ». Le sol est jonché de coquilles crachées, un groupe de jeunes gens annexe cette esquina. Les gars ont pris possession du bitume. Ils sont forts. Ils ne le savent pas. Tant mieux. Ils ne se rendent pas compte. Tant pis. Presque difficile de contourner cet attroupement. J’entre aussi dans ce magasin. C’est magique. Tant de saloperies au centimètre carré. Et pourtant, un point de ralliement; un point de rencontre. Les filles ne sont pas sans l’ignorer. Les gars restent entre eux. Mais pour combien de temps encore. Les filles feront exploser ces grappes. Et elles font bien. Le football, les grossiéretés, les attitudes de « petit mec » qu’il faudra revoir.

L’aire d’autoroute est redevenue une terre de camions. De transporteurs. Des professionnels. Les prolétaires du volant, passent leur nuit, là. Groupés. Comme ils bordaient leur camp avec leurs chariots, au temps de ces méchants indiens, qui les attaquaient sauvagement avec leurs hurlements et leurs flèches enflammées…Evidemment. La liste des méchants érigée par Trump et ses ascendants. Tout à revoir. Deux possibilités, quitter l’autoroute et monter par Deba, par derrière, en surplombant l’AP8, en parcourant les vignobles de txacoli. Ou continuer, poursuivre. Jusqu’à la frontière. Forcément.

Des frontières, des pays, des nations, des armées, des fois qu’ils en auraient marre de nous. Qu’ils ne sachent pas résoudre leurs équations de dettes et de crédits, qu’ils se prennent les pieds dans leurs tapis de jetons et de ronds pas ronds…Une putain d’idée pour se foutre sur la gueule et zigouiller à qui mieux-mieux. Une idée qui ne manquerait pas de piquant !

De quoi cracher ses pipas sur les trottoirs de Biarritz, et alentour…

Agur

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