Refaire le chemin à l’envers

Juillet 2019

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Au bord de l’état français. De l’autre côté de la Bidasoa. Deux ss , dont un qui a coulé durant la traversée. Les préposés, derrière leur table avec écrans, évidemment. Des empreintes, des documents pour prouver que l’on vient d’une contrée. D’autres documents pour entrer dans l’autre contrée. Sans trop d’encombres.

De l’informatique, de la bureautique, du connectique. Et « el veintitres » scandé à voix haute, pas du tout, mais alors pas du tout mélodieuse. Pour un peu je regretterai les demeurées enfermées dans des boîtes, type GPS, condamnées à réciter leur itinéraire, toute leur vie durant.

De l’humain, en sonorité, pas agréable, mais quand même. De l’humain. Un type, très très affairé-certainement occupé à gérer les flux migratoires de par le monde entier-vu son attitude, sa façon de souffler et d’intimer le silence. Ah, il vient de commettre une erreur. Serait-ce possible?! Il ameute la cohorte de préposés. On retient son souffle. Certains pensent déjà à se réfugier sous leur siège. On s’imagine, derrière une charrette, tirée par une vieille mule à bout de souffle…A la queue-leu-leu, dans le silence de paysages enneigés, avec le froid pour vêture, dans les Pyrénées, suivant les pas de celui ou celle de devant. Péniblement. Sans se douter que de l’autre côté, des sentinelles zélées vont, refouler, tirer à vue, se livrer à quelques petites humiliations, et encore faute de temps…

Bon, ça va mieux. Le demandeur n’aura qu’à revenir. Demain. Dix heures quarante-cinq. Normal, quoi. Ouf, je respire. Mon passeport, oui, mon passeport. Mon passeport. Me revient en mémoire un carnet, vert foncé. Un passeport. Des papiers que l’on disait. Des papiers qu’il fallait aller chercher au Consulat. De mettre les pieds en Espagne. Quand on lui a tourné les talons. Partir, revenir…

Agur

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