…de boire

Je me concentre pour essayer de me rappeler. C’est pas facile. Après s’il faut prendre un chien, un animal de compagnie, une femme pour « se modérer », « remonter la pente »… »recouvrer ma dignité » qu’ils me disent ces connards. Ma dignité. Je leur fous dans le cul ma dignité. Jusqu’au bout de ma dignité. Ça oui…

Je me concentre…Ça fait plus d’une demie-heure que je ne bois pas. Faut pas croire. J’ai encore l’orthographe en tête. Les touches sont trop petites, mais je m’y fais. Je recommence à glisser dessus. Pas faciles à attraper, mais je suis mieux. Le correcteur c’est bien aussi. En rouge, ce con…Rouge. J’en ai du bon, là. J’étais trop descendu en gamme. Je me rappelle d’étiquettes, de vin fait ici…Assemblé là. Ces cons-là ! Ça me fait penser au début du siècle d’avant. Le vin à l’heure. Toutes ces heures que je lui ai consacrées. Et c’est pas fini. J’essaie sans. J’essaie. Mais ça me manque. Depuis mon cerveau, ils me font faire des choses. C’est ma bouche et mon nez. Des jusqu’auxbouteilles. Pour calmer tout cet appareil, j’en suis à sucer des bouchons en liège. Imprégnés. A les renifler…Des fois je me prends pour une barrique. Je me vois habiter dans un tonneau. Qui se remplit et que j’absorbe en me délectant. Qui se remplit et qui me recouvre d’autres fois. Je transpire. Je transpire beaucoup et je crie…J’arrache. J’ai besoin d’arracher avec mes mains les parois de bois. De les griffer.

Je me concentre. J’ai assez de vin jusqu’à demain. Une journée de vin. Et une autre cachée. Je souris…In vino.