Humicalypse

Et il a plu. C’est venu, vers la fin de journée. Le soir, j’entendais dégouliner. La pluie qui courait sur le toit, manquant de se casser la gueule, mais non…Et des allées et venues, en veux-tu, en voilà ! Ça court dans tous les sens, là-haut, comme un glisseur en skate ou en surf. Imperturbable.

Avec un avant-toit pas trop avancé, une gouttière qui goutte. Un petit bruit de dégoulis, en sus. Après être resté dehors, sur le banc, comme le pavé était moucheté de tâches d’eau, je suis monté me coucher. Les volets ouverts. Quelques plic-ploc sur le faux-plancher. De vraies gouttes. Je voulais quand même être sûr que ce ne soit pas de l’esbroufe…J’ai des réticences à écrire « feu de paille », mais j’y pensais fortement, oui. Alors je suis resté, éveillé, le plus longtemps possible. Tant pis pour le parquet. Et ça a duré.

Plus tard, lorsque je me suis réveillé, j’ai hoché la tête, avançant un pied sur le sol humide et glissant. Forcément. Et ça continue. Bon c’est pas gagné encore, mais ce joli mois de mai est arrosé. Ou arroseur. A quelques kilomètres de là. Plage déserte à Anglet. La terrasse du virage, vers le VVF, abandonnée par les passants, les promeneurs, les coureurs, les chiens, les flâneurs. On dirait que l’océan s’enfuit, désespéré. En lambeaux de pluie, jusqu’à l’intérieur des terres, au pays Basque et bien plus loin. Une masse immense, de moins en moins bleue, avec des kilomètres de saloperie dedans. Et tous ces poissons, petits ou grands, qui avalent le plastique. Tout ce vivant, qui dégénère vers le visqueux, le gluant. Des millions d’assiettes que l’on ne pourra plus remplir. Bientôt.

Agur