P…..de mai

Et ça traîne, en longueur. Avec des pauses en milieu de semaine. Des dates, des fêtes qu’on sait plus à la fin, s’il faut s’en réjouir ou pas…Des incitations à battre le pavé. Mais le pavé se fait rare. Versatile même. Lancé désormais par le policier !

Du soleil. Un faux air de dilettante. Des lunettes de soleil. Du chapeau, des vêtements légers. Le sprint pour amincir les silhouettes, déjà lancé. Parce que dans quelques heures, va falloir tomber la chemise…Et pas que…Les crèmes, le hâle, la préoccupation nouvelle de réussir ses vacances, des bains de soleil, des bains de mer, des tenues de bain. Un bain de causette, avec un bain de foule. Un grand bain de masse dégoulinante, suintante, un bain moussant, d’écume rance.

En attendant, on vit déjà sous le régime de la douceur. De la douceur de vivre. Même qu’on en a à revendre, ici, de la douceur. A la fin c’est émollient. Anesthésiant. Une guerre d’usure qui ne dit pas son nom. Il fait chaud. Le café, en terrasse. Plus personne ou presque dedans. Des mouches qui s’invitent. Des lueurs sur les terres, jusque tard le soir. Des tracteurs en goguette. Des fabrications instantanées de balles de foin. Enveloppées sur le champ. Pas d’association caritative, ici. Ramassé, soulevé, compacté, filmé, déposé. Des ballots. Des noirs, des blancs. La campagne ne fait pas forcément dans les nuances. Pas cinquante, en tout cas !

Je guette la pluie. Cette petite salope qui m’agace au quotidien, puis me manque quand elle s’enfuit. Je me dis, qu’à la fin, elle devrait me sourire. Alors, en attendant, je caresse mon blouson, je bichonne mon parapluie. Je ferme les yeux en pensant à des orages. Un ciel gris, noir. Des craquements dans le ciel. Un air chaud, par en-dessous pour agrandir le trouble…Ça va venir. Je le sens.

Agur

banque-d-images-gratuites-libres-de-droit-creative-commons87-1560x990