Défilé

chair-3744950_1920Je me défile. Pas de muguet, pas de manifestation. Même pas d’humeur. Sensible à la cause des gilets jaunes, hostile à ceux qui vont avec le courant réactionnaire. Le rassemblement syndical, prés de la Nive ce matin, ne m’a pas attiré. Je suis passé. Je n’ai pas envie de battre le pavé avec des gens qui voient l’âge de la retraite reculer, sans sourciller, avec leurs verres progressifs (?!).

Je pense à autre chose. Vraiment. Calmement. En essayant de respirer lentement, de vider mon ventre en expirant. Parce que là, il y a de quoi devenir violent, pour de bon. Alors je suis monté à Jean Dauger. J’ai salué quelques connaissances et surtout ceux que je ne connais pas, en pensée. Soutenu cet enfant brun au prénom magnifique, attendant son tour patiemment de manger une portion d’orange. J’ai pesté contre ce système à la con de jetons qu’il faut acheter pour prendre un café, mais sans m’éterniser. Un café plus loin, au bout de la rue d’Espagne, à l’entrée plutôt en quittant la cathédrale. C’était bien. J’ai mis mon béret sur la tête. Je l’ai gardé en voiture. Des fois que le ciel…

Mais, ça va. Ça tient, il ne pleut pas. Ce soir je me demande même si le ciel n’est pas vidé de ses larmes, lui aussi. C’est normal, docteur ?…

Agur