Liste

Je ne fais plus de liste pour les courses. Ainsi, je cultive ma mémoire, d’une part, je ne résiste jamais à prendre quelque chose…hors liste, d’autre part.

Ce matin, jour de marché, je suis choqué par la lecture de cette liste :

2100 véhicules : 1779 véhicules légers, 1212 neufs et 567 usagés. 3 camping-cars usagés, 64 engins de chantier :  44 neufs et 20 usagés. 22 bus : 20 neufs et 2 usagés. 190 poids lourds : 43 neufs et 147 usagés.

720 tonnes d’acide chlorhydrique. 85 tonnes d’hydrogénosulfure de sodium. 82 tonnes d’acide sulfurique. 62 tonnes de résine en  solution. 25 tonnes de prothioconazole…

62 conteneurs de papier. 45 conteneurs de nourriture. 24 conteneurs d’acier. 18 conteneurs d’engrais. 5 conteneurs de tapis…

Comme un inventaire à la Prévert, sans Prévert, ni raton-laveur. L’heure, il est vrai,  n’est plus aux poètes.

Mais plutôt aux intellectuels, à l’arrêt, à l’Elysée. Les idées, les pensées, pas défaites, mais englouties. Si « on ne croule pas sous le capital productif », on coule avec lui. Chaque jour davantage. Pas comme on pourrait lé-gi-ti-me-ment couler des jours heureux, aprés une vie de travail par exemple. Non. Nous coulons, essorés par la logique ultra-libérale. Une théorie à genoux devant le marché, en admiration devant la finance. Une tromperie qui avance sous couvert de concurrence faussée, trahissant le bien public au profit d’une poignée. Même ses mots sonnent faux.

Agur