Dimanche couchant

btrUne heure. Environ. Une heure pour aller jusqu’après dix-neuf heures. Une heure pour gagner le jour finissant. Troublant. Une mesure du temps qui va, augmentant. Un entre-deux. Pour aller vers l’obscurité.

Le jour fuyant. De traces roses, dans le ciel. D’abord quelques traits, plus ou moins épais. Des langues qui ne râpent. Puis, étalées davantage. Un éphémère allongé, étiré. Des tâches qui n’obéissent à personne. Un condensé de vie, de couleur recouvert par du bleu, bruni, encore et un peu plus…

Les lumières artificielles, jubilent. En action, avant l’heure. Forcément. Entre les horaires arbitraires d’hiver et d’été. Fixés en automne et au printemps. Évident. Les éclairages des banques, des pharmacies, ceux qui nous donnent l’heure et la température. Souvent ceux à qui l’on a rien demandé. L’éclairage public, que l’on paie, l’éclairage privé, qui nous coûte. Et puis, ça y est. L’artificiel règne en maître. Une veille rassurante ou obsédante. Quelques arbres profitent d’un halo. Des créatures qui se tapent des lampadaires, soumises, irradiées. C’est la nuit.

Les couvre-chef du couvre-feu règnent en maître. Le dimanche de trinquer, du dîner se profile. Oublié l’abruti promenant son chien, se baissant pour rabaisser son petit bout de petite être « elle ne parle mêm’pas et… » déblatère-t-il. Le sac poubelle éventré, les tripes à l’air. Ces deux-là qui sont venues retirer la prescription pour la grippe.

Là, c’est la jointure. Le septième jour qui se taille. La suivante semaine, la dixième, qui se pointe sans trop s’annoncer. Les phalanges du mois planète ou guerre, peut-être même les deux à la fois. Ça grippe, oui. Entre blues et dépression. « Banale song. »

Agur