Humeur de fin de semaine

Du mimosa. Parfois même le parfum. Si, si, depuis la voiture. Un mimosa sur la hauteur, prés d’Aritzeta, d’autres par-ci, par-là. Mimosas du Pays Basque. D’ailleurs aussi, évidemment. En minorité entre Bilbao et Lequeitio. Très largement battus par les eucalyptus. Des bas côté d’aiguille de pins et de feuilles d’eucalyptus. Des arbres en masse, de temps en temps un bout d’Océan, par cette belle départementale.

Ce qu’il faut pour ne pas se formaliser avec les panneaux de signalisation routière. Tous les trois kilomètres, environ, ils indiquent une vitesse de trente kilomètres-heure, autorisée. Avec des variantes, à vingt, quarante. Ainsi de suite. Pendant une heure de temps, environ. De Biscaye en Guipuzcoa.

C’est l’hiver, avec une pointe printanière entre douze et seize heures. Quelques-uns déjeunent, assis par terre. Le verre à pied, la porcion de pulpo ou autre à proximité. D’autres, qui ont mangé plus tôt, prennent le soleil. Assis, debout, couchés, sur le ventre, sur le dos, parfois la tête sur une cuisse amie. La pointe du port, offre divers stationnements de pierre, paisibles. L’Océan, en bas, n’en finit pas de faire des manières. Tapant contre les parois rocheuses, se retirant entre de gros blocs de béton, lissant quelques algues rouges prés du port. Se répandant en écume moussue, là-bas. Tout pour se faire remarquer.

Quatre bateaux quittent le port de Leikeitio. Trois filent vers Ondarroa. Le premier est parti en direction inverse. Envie de partager, ou moins. Les plages sont peuplées.  Des promeneurs, ici. Des surfeurs plus loin. Deux chats, un noir et un pas-noir, les yeux mi-clos, jouissent du spectacle. Mollement affalés dans l’herbe, sur la hauteur. C’est l’heure de la sieste, pour de bon.

Une dame lit, assise sur un banc, pose son livre et se lève, les mains posées sur la balustrade pour accompagner les pêcheurs qui s’éloignent. Un peu plus haut, une autre, sur un banc blanc de pierre, tournant délibérément le dos à l’Océan, offre son visage au soleil. Son polo marin rayé, de bon ton, profite aussi de la chaleur.

L’autoroute présente son inégalable galerie de portraits. Celle qui ne parle qu’en euskera, fort. Celui qui ne répond ni à un bonjour, ni à un au-revoir. Ces mini paniers de basket, dans lesquels je me régale à jeter fort des pièces de monnaie, comme dans un dunk bondissant. Ces parkings peuplés de camions alignés, las de stationner, fatigués de tant de départs dominicaux. Les toilettes, désertes, possible moment de bonheur intense. Des pissotières alignées, des contenants disproportionnés. Pour un peu j’inventerais une version liquide de l’awelé…mais je n’ai pas levé la condition du conditionnel.

Vient un intermède de télévision française. Je ne goûte que très peu à la présence de Fabrice Luchini, l’homme qui vit avec les grands textes et ne peut se résoudre aux populismes. Il félicite le ministre de l’éducation nationale, loue l’action des hommes politiques.C’est trop. Déclamer, constitue son expression permanente. Lassant et de  mauvais ton. Je les laisse, les trois, qui ont l’air de se régaler de leur présence respective. Même à la télévision, si je dérange, je préfère m’en aller.

D’autres animaux, à la nuit tombée. Un lapin, qui n’a pas l’air de supplier le cerf, ni d’être poursuivi par un chasseur. Tant mieux ! Un putois, véritable athlète, qui se propulse vers le fossé, d’un bond, échappant ainsi à la lueur des phares. Un chat qui ne verra pas » lundi », sur le bas-côté. Les vaches ne connaissent pas cette vie aventureuse, dans leur étable chauffée, éclairée, comme en plein jour. Dernier ravitaillement avant demain.

Plus que quelques jours, pour quitter le beau mois court de Février. Il est temps de prendre des résolutions. Entre le vingt-huit et le trente de ce mois. Sourire.

Agur