DiMaggio, Monroe là-bas, ici…

Ce matin, lecture du quotidien « L’Equipe », à Saint-Palais. Les chevaux n’ont pas encore démarré leur journée. Les turfistes ont le bon tuyau. Je mettrai bien une pièce sur le neuf. Des verres de blanc, de rouge, de pétillant. L’eucharistie païenne, célébrée au PMU. Des commentaires sur les matches de rugby de la veille, et de ceux à venir.

Je parcours le journal depuis la fin. A rebours. Comme j’aime prendre la rédaction à contre-pied. Une photo en noir et blanc d’un couple en train de s’embrasser. Très beaux. Un baiser fort des années cinquante. Les yeux clos. Les sens en éveil. Ses doigts fins posés sur son avant-bras. Lui, la cravate, la raie dans les cheveux, impeccables. Elle des boucles dorées, sublime créature.

« Le grand DiMaggio, il serait fier de moi aujourd’hui ». J’entends le vieil homme, comme je lisais avidement les Hemingway. Avec de la vie d’Espagne, de Pampelune si proche ! De la révolution, de la guerre civile. Plus tard, ce sera les Steinbeck, avec Monsieur Julius Euskadi, dans « A l’Est d’Eden ». Ces grands auteurs américains avec du Pays Basque, dans leurs récits. Mieux que la Californie !

Le grand DiMaggio. C’est bien de lui qu’il s’agit. Un champion de baseball. Un rital. Y’a pas photo. L’époux de Marylin Monroe. Brièvement, mais époux. Des conversations avec mon épouse, alors, une fan de cinéma. Une incollable des années cinquante. Du noir et blanc. Elle, de la tendresse pour Marylin. Moi, plutôt pour le joueur de base-ball. Parce que Marylin même, n’aurait pu m’inciter à descendre sous terre. Veiller aux souffleries ou aux tuyaux du dessous. Et pourtant le plaisir de voir sous les jupes des filles…Voilà bien une affaire absorbante ! Sourire.

Un livre, donc, ou plutôt une traduction en français. « Il n’avait aucune éducation, était méchant…Il n’était pas prêt à affronter le monde réel. » Mince, j’avais surtout retenu le fait, que longtemps aprés leur séparation,  lorsque beaucoup se furent détournés d’elle, il resta, lui, bienveillant envers cette belle étoile. Une photo en noir et blanc, des années cinquante. Comme une autre d’un si beau couple, aussi. De la passion dans les yeux. De petites flammes ardentes, posées sur une étendue de larmes. Fragile.

J’ai lu l’article. Puis relu. Doucement. Posé mes yeux sur la photographie, en noir et blanc, à plusieurs reprises. Même aprés la lecture du journal, que je n’ai pas abandonné sur place, comme habituellement. J’y repense encore, ce soir. Ce dimanche finissant.

Affronter le réel. Qui est prêt à affronter le réel ? Doit-on se targuer de cela ? Pourquoi devrions-nous affronter le réel ? N’est-ce-pas plutôt lui qui vient heurter nos vies, nos rêves, nos songes, nos illusions, nos desseins ?…

La photo en noir et blanc, l’évocation du grand DiMaggio, de Marilyn Monroe, mes conversations d’avant. La harpe des mots, des visages, des sourires. Le son mélancolique. L’avant en noir et blanc. Pour mieux évoquer les contrastes du passé. Une autre composition de vies échappées.

Agur