Vendredi de marché à Saint-Palais

« Vous avez de la choucroute ? »… Non, il n’en a pas. Des boudins, des saucisses, de la viande, oui, mais pas de choucroute. Le marché est peu fréquenté. Il fait froid. Neuf heures. Le thermomètre vient d’en finir avec sa dette. Pour autant, il n’affiche pas de bénéfice. Tout juste au-dessus de zéro.

Au café, le brouhaha est plus fort depuis dix heures. Une présence féminine plus marquée, aussi.  « Ça c’est bien passé à New York ?…Les nouvelles vont vite… » Les pulls très présents, avec les écharpes et les bonnets aux extrémités. « Ils doivent recruter mille deux cents personnes, avec tous ces gens qui partent en retraite…Tu veux un café ?…Non, j’ai eu assez de malheurs comme ça. Le matin, je déjeune pas. Le midi, je mange de façon raisonnable, et le soir un potage. Non, pas un régime, je fais attention. »

« Pousse-toi Silver, pousse-toi… Tu veux un croissant ? » Il vient de commander deux croissants, avec son grand crème. L’air studieux, préoccupé. La presse spécialisée sous le bras. Le stylo pour rayer ceux qui n’arriveront pas. Une soixantaine qui commence à s’étirer. Silver reste derrière, sans bouger. Il fait ses jeux ; finalement, les deux croissants  sont pour lui. A priori, sa passion le nourrit. Un habitué. Un turfiste. Rapide. La halte, station petit-déjeuner comprise, ne dépasse pas quarante minutes. Le temps de s’imprégner des autres, sans se mêler à eux. Un passage obligé, une sortie pour Silver, qui ne semble pas souffrir de sa condition de chien de parieur !

Biarritz joue au rugby à Brive. Pour un peu, on aurait l’impression que le match vient de commencer. Les biarrots en blanc dominent les noirs et se ruent à l’attaque. Une situation favorable dans les vingt-deux mètres corréziens, et un essais quatre-vingts mètres plus loin. Zéro à cinq. Pour eux, la température a du se refroidir, instantanément. Le rugby est présent, mais discret. Sans son. Les blancs jouent contre les noirs. Comme au temps de la télévision pas encore en couleur.

« En ce temps-là, la vie était plus belle », Montand chantait. Mais les feuilles mortes ne se ramassent plus à la pelle…Montand peut se tromper. Sourire.

Agur

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