Janvierdoscope

Entre Pays Basque et Landes. Route déserte. Ronds-points éteints. Les moutons à tête noire, marqués en vert. Des vaches. Froid. Bateaux en attente au fond. Quatre embarcations qui tuent leur dimanche. Comme des pistards qui font du surplace pour jouir davantage de la position de poursuivant. Comme un retour de bringue, suivi d’un effort pour se donner une contenance, avant de rentrer au port.

« Vas-y creuse-là »…

Deux jeunes gens. Bonnets, écharpes.  Un garçon et une fille. Ils cherchent sur la plage. Il a son appareil qui émet des sons. En continu. Elle creuse. Elle ne regimbe pas. Là-voila, un genou dans le sable, à l’ouvrage…Les enfants à côté sont « partis ». Et tu crois qu’il va trouver une pierre précieuse ?…Un diamant. La mère suit, quelques mètres plus loin. Elle soliloque à voix haute. Les enfants, le vrai trésor, il est là. Dans tout ce qui est gratuit. Dans ce paysage. Et puis les bijoux, ce n’est plus à la mode ? Plus aucune femme n’en veut. Les femmes elles veulent, qu’est-ce-qu’elles veulent les femmes ?… De l’amour, apprécier les paysages, l’Océan, respirer…Je me retourne, lâche un sourire (mise à distance)  et part en direction opposée vers l’écume.

On est huit sur un hectare de plage, et ni les mots, ni les gens-là…Non, j’ai envie de regarder, de penser, de parler avec moi-même. Sans son.

Un chevalier arrive. Vêtu de noir. Il marche lentement. Conquérant. Sa planche à droite, sous le bras. Il la pose sur le sol. Je l’observe. Il scrute l’horizon. Il est blond, enfile sa capuche. Derrière, il s’agit de faire rentrer un triangle de néoprène dans la combinaison. Pour ne pas que l’eau…Rien que d’y penser, je grelotte. Et il reprend sa marche vers l’Océan. Premier dimanche de Janvier.

Plus loin, il y a du rugby. Des gens. Des couples, des commentaires  » mais noooon… », des jugements à l’emporte-pièce. Certains se trimbalent avec une goutte en suspens, au bout du nez. Entre bulle de savon, qu’on aimerait voir grossir et s’envoler, et décoration de Noël, prolongée. La trêve des confiseurs, ces kilos nouveaux dont on va se débarrasser. « Tu vas voir ça… »

La ronde des étrennes, version « ovale », en somme.

Agur.

 

Laisser un commentaire

Choisissez une méthode de connexion pour poster votre commentaire:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s