Cela fait des années…

…Et la Cinquième République nous fatigue. En parlant poliment. Le mythe de l’homme providentiel aussi. Un côté exaspérant, même.

Depuis le général, vaincu plusieurs fois, triomphant à d’autres moments, secoué en 1968 et désavoué en 1969. Celui qui nous a laissés un musée en tuyaux.  Le monsieur qui venait jouer de l’accordéon pour animer les petits-déjeuners et faire « peuple ». Puis l’avocat élu sur un programme de Gauche pour gouverner avec la Finance (!), en continuant par le grand Jacques*, dilettante à l’air affairé,  pour assister aux péripéties du Petit Nicolas*, décomplexé, très décomplexé…

Avant l’ancien secrétaire du parti de la rose, l’homme qui dégoulinait lors des commémorations. Et désormais l’astre venu de la banque faisant tapis avec des amis influents, très influents…et toutes ces étoiles en berne-ni la décence, ni l’honnêteté, encore moins le courage,  de refuser un strapontin alors qu’ ils ne croient ni en cet homme, ni en ce président mal élu.

Au quotidien, les injonctions paradoxales de la réclame nous siphonnent. Nos cerveaux, nos porte-monnaie, nos enveloppes charnelles, jusqu’à nos âmes ;  tout y passe. Les pressions des groupes pharmaceutiques, l’épuisement des terres, les cinq fruits et légumes par jour, ne pas manger gras, sucré, salé. Les bulles des sodas, l’alcool qu’il faut boire, mais avec modération. Les images en abondance qu’il faut payer, tous ces amis que l’on connaît à peine. Les voitures qu’il faut acheter, le carburant qu’il faut payer, le crédit jusqu’à mourir, le temps compté qui nous est décompté.

L’élite au pouvoir a peur, son pouvoir vacille. Elle va reculer encore un peu, en feignant d’adoucir nos peines, pour mieux nous abuser, une fois de plus. La colère, notre colère, peut être mauvaise conseillère, certes.  Elle est peut-être le corollaire  de ces conseillers à l’Elysée, ces conseillers en communication, toujours plus nombreux et influents, ces fins stratèges, depuis le monsieur à la Rolex, en passant par les lobbyistes et autres groupes de pression…

L’élite insiste sur la pédagogie, les aspects techniques de l’impôt, la croissance, les points du PIB, dans la séquence du moment, comme ils disent.  Elle joue avec ses mots minables, suspendant, annulant pour une année, proposant une réflexion à venir. Elle ne supporte pas la violence, qu’elle secrète, elle, à longueur de journée. Elle fouille nos poches, nous sucre cinq euros, pour gaspiller des milliards !

Son ruissellement-ineptie du moment- nous a trempés jusqu’à l’os. L’humidité dans nos articulations qui grincent, nos cerveaux atteints par la moisissure . Nos âmes trempées n’épongent plus, gonflées par notre combat quotidien, noyées par le sort des plus démunis jetés par mers et sur les routes. Des malheureux que l’on sait encore plus malheureux, que l’on ne veut pas voir et que l’on nous exhibe au quotidien. Une chape de plomb misérable. Un prétexte pour ceux qui nous gouvernent.

La conclusion avec notre brillant porte-parole du gouvernement « du coup, on change de méthode, et cette méthode c’est mettre les gens autour de la table et on va avoir trois mois pour le faire, partout dans les territoires ».

Comment peut-on, avoir à ce point, si peu conscience de sa fin ?!…

Agur

 

grand Jacques : chanson de Jacques Brel.

petit Nicolas : Sempé. Savoureux.