Dégueuler, dégobiller, gerber, rendre, vomir…

Les gilets jaunes tenus de déclarer à la Préfecture leur action. Les sans-chemises, qu’ils ont du mal à cerner. A comprendre. Les gilets de détresse, que l’on met en cas de panne, d’incident, d’accident. Pour se mettre à l’écart. Pour ne pas gêner. Pour demeurer encore en vie, un peu, tout en se décalant. Déclassés. Dépassés. Comme on arrive plus à « prendre sa place dans le trafic »…Du mouvement permanent, qui bousille à la fin l’idée même de voyage, de déplacement. Les petits réservoirs trinquent. Les gros balancent leurs particules. Certains réservoirs font valoir leur pensée, de groupes de pression. Des anonymes connus qui influent sur les cours. La cour.

Ceux qui gouvernent ;  discours faussement poli, faussement respectueux des droits acquis. La menace qui affleure, la main sur la matraque. Le canon à eau, pour l’instant, pour nous maintenir à distance. Ces scènes qui nous faisaient frémir, lorsque venues d’Amérique Latine, dont il faudrait se réjouir, désormais, dans l’Hexagone.

Ce sourire qui doit les habiller lorsqu’ils imaginent tout un peuple de petits en train de compter. La nourriture, les habits, l’essence…Les traites, les taxes permanentes, la banque qui nous attend au virage. Le chômage, la rue si ça tourne mal. Et « personne n’est à l’abri », n’est-ce-pas ?!

Ceux qui gouvernent ; nourris de leur suffisance exacerbée. De cette conviction profonde, qu’on leur a assénée, depuis ces grandes écoles, celle de constituer l’élite de la Nation. De cette soumission à l’ordre établi, de ce sentiment de supériorité, faussement dissimulé derrière des discours presque bienveillants. S’il n’y avait « cette violence, et ces actes intolérables », ils pourraient comprendre…

Et leur vocabulaire, leur prêt-à-penser, leurs images télévisées, leurs dénégations permanentes, leur machiavélisme. Ils ont de la marge. Pas de limites. C’est ce qu’ils disent lorsqu’ils affirment « maintenir le cap ».

Quel cap ?! Quelles idées ?! Celles de qui ?…Ils n’osent pas y répondre.

Leurs mots sont dégueulasses. Ils ne savent plus nous nommer, nous appeler. De la « France d’en-bas », « aux gens », aux « classes laborieuses ».  On imagine, sans peine,  toute une bande de communicants, rémunérés sur nos deniers. Des sbires du langage, de ces mots qui vont nous enfermer. Nous désarmer. Comme ils doivent se congratuler, s’émerveiller de leur génie, de leur temps d’avance dans le discours.

Ceux qui gouvernent ; cette perversion suprême qui les caractérise quand, s’insinuant dans nos vies, nos sangs, ils nous questionnent sur la vie que nous laisserons à nos enfants. Le monde qui sera celui de tous ces petits êtres. Comme s’ils s’en souciaient, une seconde. En 1914, en 1939, en 1958 et entre ces dates, ces dirigeants n’ont pas eu d’état d’âme au moment de sacrifier la jeunesse. Pas une seconde.

Ils nous imposent leur jargon. Des mots qu’ils ont fabriqués, bidouillés, détournés. « La transition écologique », c’est leur dada du moment. Une transition écologique qui nous vaudra une augmentation supplémentaire, dans quelques semaines. Un nouveau leurre, une  reculade annoncée lorsqu’il faudrait rompre avec l’atome. Ils vont aller chercher secours auprès des banques, de la finance, évidemment. C’est leur noyau dur.

L »extrême argent ». Ils parlent d’extrême gauche, extrême droite, mais leur religion à eux, c’est l’extrême argent. Il faut être bankable.

Quitte à abandonner ce qui rapporte à la collectivité, pour assurer leur train de vie.  A brader des autoroutes, des aéroports ou la française des jeux- pourvoyeur pourtant indolore de taxes !!! Le discernement n’est pas leur fort. Ou plutôt, si, dans le domaine de la reconversion. Là, ils ont une expertise.

En ce moment, ils nous soumettent à un assaut de pédagogie. Le recours de l’instant. Jusqu’au rejet !

Agur