Automne proche à Saint- Palais

Ils figurent des peuples. Des populations, ce que certains nomment « les gens ». Ils vont, sur des parcelles qui leurs sont dévolues. Chacun a connu son heure de gloire. Les tournesols, fiers, et désormais tristes. Piteux. La récolte toute proche. Un peuple en déshérence, droit, les cervicales qui ne supportent plus la fleur. Quelques camps, quelques champs, de créatures qui ont cessé de briller, de défier le soleil.

La majorité des plantations est plus verte, plus haute. A certains endroits, la récolte est passée. Il reste des décombres, sur le sol, comme aprés la bataille. Ces hybrides bordent les routes. Délimitent nos horizons. Définissent notre champ visuel. Ils sont hauts, semblent vigoureux, mais faut voir comme ils vont sombrer dans quelques instants. Sans considération aucune. Le binôme machine agricole, camion se met en marche. La première, comme une girafe insatiable, aspire et dégueule le maïs à jet continu. Ce n’est pas l’excès, façon -« a little chocolate, sir ?!… »Mais je ne peux m’empêcher de penser à Mister Creosote, dans les Monthy Python. Le camion avance au pas, remplit sa benne et s’en va. Dans quelques jours, on verra plus loin. Les routes ne seront plus bordées des vertes plantations. Les regards pourront aller chercher, plus loin, se perdre là-bas…

En ville, les travaux démarrent. La piscine est un amas de gravats. Le bleu des tribunes disparaît. Je me demande si le plongeoir va succomber, lui aussi. Quelle vexation, quelle humiliation pour un plongeoir que de se retrouver ainsi, à terre, avec les décombres. L’été prochain, les pèlerins pourront se baigner à Saint-Palais. Ignorants du sort du plongeoir.

Une maison vient d’être coiffée, toute jolie. Trois hommes en hauteur. Le patron,  pantalon court, une zone dénudée, au niveau de la taille, de ceux qui portent le pantalon trop bas. Des chaussures montantes, les trois. Une ceinture avec une sacoche, sur le côté. Ça va vite. Très vite. Le matériel est soulevé à hauteur, les planches, puis les tuiles. La première partie consciencieusement effectuée. L’enlèvement de la charpente ancienne, en mauvais état. Pièce par pièce. Sans précipitation. Sans temps morts. Faire céder le morceau de bois. Et le passer, de mains en mains, jusqu’au suivant. Pour le déposer et le récupérer en-bas. Chargé dans le camion. Les nouvelles planches pour couvrir la maison. Et puis, avant de conclure, les tuiles déposées par paquets, sur la charpente. Comme un pâtissier ferait avec de la chantilly sur une tarte aux fraises. Des tas ocres. Pour terminer le couvre-chef. Et un toit sur des humains, à la fin, aprés des humains sur le toit.

Bien sûr la souffleuse, mais quand même pas au quotidien. Les feuilles, la conscience légère, l’art de l’esquive en bandoulière, sortent la nuit, planent en circonvolutions. Un tapis éphémère, qui donne envie de se rouler par terre. Mais la souffleuse…surtout pour celles qui ne seront pas rentrées à l’heure dite !

Agur