Cafés

Ici, les pauses-café ne correspondent pas forcément à la dite boisson. Éliminons de suite le « crème » qui est loin du compte. Les cafés ne sont pas frappés, plutôt compris dans des formules petit-déjeuner.

Le rhum, oui, le rhum se présente, lui, sous diverses formes. Séduisantes. Avec du citron vert, sans, des glaçons, deux pailles. Des effets qui succèdent à un travail de tassement du citron vert. Comme s’il fallait remettre l’agrume à sa place. C’est l’hiver, mais cela ne justifie rien.

Le rhum taquine le café. Un rhum arrangé « vanille-café » ou cet autre « thé vert ». Des rhums qui se jouent du café et des boissons chaudes. Les arrangent en les dérangeant. Les bousculent un peu, comme on pourrait enlacer en enveloppant. Un geste protecteur qui accaparerait. C’est l’hiver, mais cela ne justifie rien.

Le rhum, comme je me rapproche du retour. Le rhum pour mieux apercevoir les baleines. Les cétacés que les autres voient de là-haut et que je ne distingue pas, pourtant fidèle à mon poste d’observation et appliqué à lorgner l’horizon. Je vois trop loin. Je pense au lendemain, déjà dans mes préparatifs.  « Mais les lendemains, eux, ne font pas de préparatifs. Ils ne savent même pas que j’existe ». C’est l’hiver, mais cela ne justifie rien.

Je vais revenir en été. Au café. Aux cafés. Avec un petit gâteau, un chocolat. Avec des conversations et des sonorités parfois râpeuses. Loin du créole, qui semble glisser, traînant un sourire en guise de ponctuation. Je vais même essayer de dépasser les cafés allongés, légers, corsés, glacés. Et aller vers les cafés suspendus*.

C’est l’été, plutôt léger. Reviendra l’hiver. Une boisson chaude, servie gentiment, avec un sourire. Une touche d’humanité en sus. Ça ne me coûtera pas un pognon de dingue, ça ne sauvera pas des vies. Mais un instant de confort et de douceur. Ça n’a déjà plus de prix.

Agur