Bayonne, La Réunion : le pied léger

bty

Ce n’est pas une activité estampillée « Fêtes de Bayonne ». Le lancer de chaussures en hauteur. Pas forcément des espadrilles de Mauléon.  Des chaussures. Ici, plutôt des chaussures de sport, des « basket », des « tennis » ou des « running ».

Le lancer jusqu’à atteindre le ciel, ou plus encore. Ici, le ciel est bas. A moins que ce soient plutôt les câbles, pas très aériens. D’une tension détendue, d’une altitude relative. Néanmoins la performance est réelle. Les chaussures accrochées, suspendues plutôt, en attestent.

A des milliers de kilomètres de là. En parlant de chaussures, encore. Ils sont une poignée, s’en allant vers la ville. Les voitures sagement rangées, sur la Légion Tchèque, à proximité des Allées Paulmy. Assoupies. Trop heureuses d’avoir trouvé une place. Une voiture de fonction de la Fédération Française de Rugby, de marque allemande, imposante, très imposante. L’ère des gros pardessus qui continue, se prolonge sous d’autres formes. Autour de la qualité de vie, la nourriture, la chère, le confort toujours,  la chasse et les cigares en moins…A vérifier.

Ils déambulent en riant, ces jeunes gens.

‘-T’es pas cap !!!

-Eh non, té… » Un saut plus loin, notre héros sur le coffre de la voiture, plutôt une française qui couine un peu. Et les autres de rire, l’acrobate poursuit son avancée jusqu’au sommet de la voiture. « Hop ! » et un saut parfaitement maîtrisé, réception sur ses deux pieds, douloureusement amortie par le capot avant. Un « chboooonnng » , signe d’affaissement. En bout de course, atterrissage en douceur sur le bitume des…cochons*.

La balade poursuit son cours. Entre éclats de rire, bouteilles de plastique remplies d’alcool qui passent de bouche en bouche. Le capot aura un sacré mal de crâne, pendant quelques jours encore. Le câble, lui, ne trahit pas la moindre émotion. Une paire de chaussures légères ne constituant finalement pas une menace. Il s’agit seulement que plusieurs n’aient pas la même idée, au même moment, à Bayonne ou à Saint-Gilles. C’est la conclusion du capot meurtri. Le câble se réfugie dans le silence. Et chacun de se perdre en conjectures. L’un de se rêver, aérien, à La Réunion, l’autre éprouvé par les Fêtes, la liesse et ses débordements. Passant ainsi de la quiétude de la rue des Sables aux turbulences de la Légion Tchèque. Les flonflons de la fête jusque dans l’Océan Indien.

Du moins jusqu’à vendredi, parce qu’après, c’est payant ! Cochon d’ici ou de là-bas, sans bracelet : halte-là !

Agur

 

cochons : cf. la dernière phrase. Sourire.