Le foot à l’Elysée

Il fallait passer à l’Elysée. Saluer le locataire, qui vit là en couple, comment l’ignorer ?!…

Il fallait passer là, par cette case. Le locataire avait des choses à dire, encore et encore. Des choses à affirmer, façon branchée avec ce social qui « nous coûterait un pognon de dingue », des choses à lancer pour gagner les réactionnaires et les français les plus conservateurs :  l’idée du contrôle. Le contrôle. Mais pas le contrôle de la poitrine, de la cuisse ou du cou-de-pied. Pas ces gestes réalisés à grande vitesse et avec tant d’allure par Griezmann ou M’Bappé . Non.

Le contrôle accru des plus pauvres et de ceux qui sont sans emploi. C’est une belle idée qui plaît à beaucoup de français. Le contrôle des frontières aussi, le contrôle de l’espace hexagonal, le contrôle des mélanges et des ménages. Le contrôle de nos méninges aussi. Et à la fin, le football qui contrôle l’actualité durant deux jours, massivement sur une chaîne de télévision, merveilleuse entreprise d’abêtissement.

Le contrôle de la communication. Une appellation qui s’apparente au mieux, à du « faire-savoir » au pire à du paraître et à de l’opportunisme, pour mieux surfer-comme ils disent- sur des vagues éphémères qui- fatalement- ramèneront le locataire sur la grève. Enfin. Qu’aurons-nous encore à supporter d’ici là, quand se seront éclipsés ces joueurs et cette équipe jeune et audacieuse, courageuse, déterminée et unie ?…

Combien de fois lèverons-nous encore les yeux au ciel pour nous rassurer en pensant à l’Elysée, partie des Enfers dans la mythologie grecque ?…

Agur