Basque balade

A Lacarre, le fronton est en bord de route. Un fronton « place libre », sans murs latéraux . Les joueurs s’échauffent. Une fin de journée orageuse. On a installé des bancs, sur le côté gauche. Des spectateurs assis tournent le dos aux voitures. C’est du sérieux. C’est l’été, un été plus capricieux que jamais. La pluie qui veut occuper le temps, les journées, comme une obstinée. Le ciel qui en fait le moins possible, toujours aux prises avec des manifestations nuageuses. Un ciel de conflits, un ciel tourmenté qui masque le soleil et ses rayons.

Des joueurs vêtus de bleus. Qui vont transpirer, frapper avec leurs mains, souffrir, triompher ou baisser la tête dans quelque temps…Autre chose que les joueurs de football. Au moins, le spectateur du fronton n’est pas tenté d’envoyer un message au 1112 pour gagner son poids en cacahuètes à la mi-temps.

Quelques touristes, des motards aussi, déambulent dans les rues de Donibane Garazi, comme a Maule. Ils ont crié et poussé avec M’Bappé, même Didier Roustan a du apprécier. Des cyclistes transpirent sur le col d’Osquich. De la sueur, en groupes ou en solitaire.

Le paysage est magnifique. Des couleurs, des formes que l’on croirait apprivoiser, des habitations isolées. Des terres peuplées de solitudes. Les toits en ardoise, côté souletin donnent à penser à un changement important. Il  n’en est rien, simplement le « u » ici est-il moins enclin à se lier avec le « o », à faire du « ou »…

La Basse-Navarre rapidement parcourue;  avec son étrange maison haute, à Gamarthe, tel un donjon sans seigneur ni princesse. Des champs qui fêtent le football à leur façon, avec les presses à balles rondes de foin. Il pleut à Bidarray en fin de soirée. De quoi remplir largement tous les canoës alignés sur le ventre, les rouges avec les rouges, les jaunes avec les jaunes. La terre suffoque, le bitume l’exprime à sa façon, avec de la brume qui vient du revêtement. Le ciel s’obscurcit, le goudron transpire, la pluie redouble, et du coup les essuies-glace qui se croyaient en congés sont rappelés avec insistance. C’est le ballet des balais.

Le fronton de Lacarre n’en a cure, lui qui affiche 1934, en son sommet.

Agur

bty