« Jamais content »…

bdr

29 degrés. Les plages bondées, ce dimanche. Pas moyen de se trouver un petit carré de sable dans l’après-midi. Du sable chaud- à priori sans légionnaire !- qui fait marcher sur la pointe des pieds, comme ces dames avec les chaussures à l’intérieur. Une démarche sinueuse, pour passer entre les seins nus, vêtus, bronzés, affalés, rebelles, beaux…

Moi, je regarde. Bon, j’évite de rester prostré, la bouche bée,  le fusain affairé sur le Canson, les sourcils froncés, mais j’apprécie le paysage.

Des ventres aussi, affamés, plats, ronds, des tripotents peut-être de chipoter ?!…Des pieds encore, petits, ronds, vilains, avec des ongles peints, pas peints, de la peinture écaillée, de jolis pieds petits et d’autres plus grands. Une faune de plage. Huilée, crémée, pour éviter des peaux rougies, rabougries. Donc, un spectacle de chaud, très chaud, avec du monde beaucoup, les pieds dans l’eau et les corps à cuire.

Un temps normal de saison, me direz-vous. Peut-être, sauf que même si je le dis timidement, la pluie me manque. Oui, la pluie me manque. Ce feu nourri d’eau du ciel qui nous fait nous couvrir, nous trimbaler sous des abris de pluie : des parapluies. Evidemment, les parapluies peuvent aussi tenir un rôle les jours ensoleillés, mais généralement, les cousins nommés « parasols » font la loi. Des grandes gueules qu’il faut porter sur l’épaule- feignants!- et aprés ficher dans le sol, pour disposer d’un filtre de toit. Des espèces de fanfarons, qui se sont planqués tout l’hiver, réfugiés dans du plastique, dissimulés sous des toiles d’araignée et qui jouent au sauveur, pour l’été.

Alors, oui, le soleil, les parasols, ces intermittents du spectacle qui donnent peu et reçoivent tant, me paraissent jouir d’un excès d’honneur. En fait, je préfère, les capuches, les têtes basses, les lunettes embuées, le floc-floc des pas mouillés, les mains dans les poches que l’on en finit plus de visiter. Le parapluie que l’on tient haut, un complice d’enlacement…Vraiment.

Alors, oui, il fait chaud, mais je n’oublie pas mes parapluies. Quelques heures encore et ils seront de sortie. Youpi !!!