Avant

 

 

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Un café au lait. Soi-disant « mauvais » pour la santé. Le mélange du lait et du café. Pas dans l’ordre des choses . Un phénomène de floculation de la crème dans le café. Oui, vous avez bien lu, « floculation ». Pour couper court à vos fantasmes, je précise. « La floculation est le processus physico-chimique au cours duquel des matières en suspension dans un liquide s’agglomèrent pour former des particules plus grosses, généralement très poreuses, nommées flocs. Les flocs sédimentent généralement beaucoup plus rapidement que les particules primaires dont ils sont formés. La floculation peut avoir lieu naturellement ou peut être accélérée par l’ajout d’un floculant. »

Des écrits sur cette boisson indigeste. Les ravages du mélange. Et moi, inconditionnel du mélange. Fondamentaliste du mélange. De la mezcla. A tous les étages. Du mélange pour donner davantage de couleurs à la vie. Comme un éventail plus large. Une palette de  diversité, d’originalité.

Ce matin, comme souvent, la boisson commandée. Un premier plaisir, des yeux. La mousse-écume du dessus. Un nuage qui dure. Posé à la surface. Présent encore, plus tard, au fond de la tasse. Je n’apprécie pas de l’entamer avec la petite cuiller, tandis qu’à la fin, je le gracie. Immanquablement. Je profite de l’essentiel du mélange, mais pas jusqu’à la lie.

Avant de boire et de savourer, la sensation de chaud, le goût, la posture. Le bonheur simple de jouir de l’instant présent. Assis confortablement. Témoin du monde minuscule alentour. Rendant grâce au soleil, avec ces sirènes qui attendent au comptoir, laissant deviner leurs cuisses ou leurs hanches. Ces poitrines qui se rapprochent du jour et de la lumière. Loin des mines moroses de la pluie. Véritable sujet de préoccupation de ces jours derniers.

Avant. Si bon. Un temps indissociable de celui à venir. N’en déplaise à Georges Clémenceau*. Si le meilleur moment est celui durant lequel on monte l’escalier, la, les tensions ou les sensations gourmandes n’empruntent que fort peu aux seules marches. Plus sûrement, la perspective de lignes horizontales, verticales, obliques, courbes à venir suscite déjà un certain contentement…

 

G.Clémenceau :  » Le meilleur moment de l’amour, c’est quand on monte les escaliers ». A vérifier…Sourire