La pluie fait des croquettes*…

 

Il pleut. Mais on reste dehors. Sous la bâche. Bien organisés. Une table ronde haute. Pour héberger nos flacons de houblon. Quelques verres de « tinto », aussi. Il en faut pour tous les goûts. Il pleut. On se serre. Le mètre carré, partagé. Un peu de promiscuité, un peu de moiteur, des conversations en français, ponctuée en castellano, deux ou trois mots en euskera…Bilbao.

« Il ne pleut plus beaucoup »…Effectivement, je dirais même qu’il pleut moins. C’est parti. La traversée. Pas du désert, ici.
Une artère du Casco Viejo. D’un revêtement sombre, mais avec des lumières artificielles et d’autres bien réelles. Des sourires, de la bonne humeur. De l’empathie franco-phonique. Agréable. De ces moments ou l’on apprécie un peu davantage le genre humain. Même l’énergumène irascible, vociférant, semble une apparition distrayante…

Il pleut, raisonnablement. Une goutte ou deux ou plusieurs, entre deux bâches de l’autre établissement, réputé pour ses « croquetas ». Le ciel dégouline, consciencieusement. Poco a poco, nos soifs vont s’étanchant. Pas jusqu’au moment des chants, peut-être pour une autre fois…Les séparations, carinosas, durent, comme pour mieux prolonger l’instant.

Il pleut. Il est des fins de semaine qui commencent bien. Agur

 

La pluie fait des claquettes : chanson de Nougaro. Preciosa.