Piquets (2)…

 

bdr

 

 

D’autres témoins, à Burgos. Ceux-là profitent du soleil. D’une discrétion pareille à ceux qui se mouillent à Bilbao. Ils ont l’air de se donner la main, de constituer une voûte. C’en serait presque touchant. Mais ils m’inquiètent. Leurs sourires forcés, leurs corps malingres  avec leurs attributs simiesques. Ces effusions, ces embrassades qui n’en sont pas.

Ce n’est pas un vilain procès que je leur fais. Cela, ils savent. Depuis le paseo Espolon, ils en ont vu passer du monde. Du joli linge. Et d’autre. Moins joli. Des mots, des maux, sur des intentions justement. Des aveux extorqués et la douleur comme étendard.

Au terme d’une brève promenade, je me réfugie dans un café. Assis-là, la main autour du cou. Hésitant entre prolonger ma halte et remonter vers le Nord, la pluie. Malgré l’azur…

Agur