Vert Itxassou

Un témoin fabuleux. Le paysage. Le paysage et ses couleurs. Non, ses teintes, plutôt. Parce que la couleur fondamentale est le vert. Avec des créatures qui valorisent le paysage.

Ce petit parc à cochons. Odeur garantie. Terrain boueux. Noir. L’on dirait que la terre a été conscieusement retournée. Les porcins sortent de leur maison, ni en pierre, ni en paille, ni en carton. Non. Une tôle ondulée, peinte en vert (!), une chape de béton. Et des allées et venues en groupe. Dans leur domaine…

Plus loin, des moutons, en grappe. L’illustration de l’instinct grégaire. Des pelotes de laine ébouriffées, qui s’acoquinent. Les vaches, touches « marron », paissent paisiblement. Il est vrai aussi que cette activité ne semble pas requérir, a priori, une fougue certaine. Le long de la départementale, des orties, de longues herbes avec des tiges qui veulent décoller. Des projets, sans lendemain, parce que l’outil tranchera leurs velléités, avec son bataillon de soldats oranges.

Des platanes, des cerisiers dont les fruits semblent encore loin, quelques saules…Tout ce petit monde de verdure, témoin de son temps. Silencieux. Même le blanc des acacias semble se faire discret. L’on s’approche d’Espelette. Des plantations de piment ornent les coteaux. Pour la Fête, ils attendront l’Automne.

Un filet d’eau, quelques jolies maisons. Une yourte, deux mobile-home au-dessus du marchand de fromages. Signe de l’évolution.

Un mur à gauche, tout rose. Utilisé comme un parking, avec plusieurs voitures. Un mur lisse. Qui ne semble plus renvoyer ces pelotes qui le choquent, dans un claquement sec. On se croise et l’on se tasse sur le côté, à regret, chacun voulant gouverner le monde. Quelque passages ombragés feront le bonheur des cyclistes, entre la chaleur du bitume et les cerveaux chauffants sous les casques. Mais pour l’instant, on guette plutôt le soleil…

Agur
bty