Rugby ; dernier samedi d’avril

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Avril. Célèbre pour ses couleurs. Vertes, ici. Peut-être pour cela que les gens d’Hego Euskadi se sentent proches des Irlandais. En tous cas, question « vert », on peut le disputer au monde entier. Tous les verts. Tous sont là. Absinthe, amande, anis, bouteille, épinard, poireau, pomme… J’en passe.

Pas forcément un vert issu du jaune et du bleu. Non, un vert de végétaux arrosés et sans artifice. Avril, de phase éliminatoire. De match-couperet. De quitte ou double, qui fait que l’on quitte la scène, le cœur gros ou les yeux humides, très humides d’avoir pleuré. Encore plus déstabilisé parce qu’on va vers la catégorie « adulte », mais qu’on cherche du soutien, une accolade, un geste, un regard pour se rassurer. Que l’on ne veut pas demander, que l’on ne sait pas s’il faut, comment il faut, et qu’on a forcément peur de montrer sa faiblesse du moment…Un état qui nous renverrait à celui « d’enfant », un monde que l’on est en train de quitter. Dans lequel on est à l’étroit.

Les plus grands ne sont pas plus futés. Ils n’ont utilisé, ni le vert, ni le verre. Ils ont bu. Un peu par soif, beaucoup pour se donner une contenance. Pour masquer leur peine qu’ils ne savent pas dire davantage, pour livrer des commentaires acerbes, fort de leurs certitudes qui datent, pas non plus éclairantes…Ils ont bu, non pas pour fêter un saint ou quelqu’un ou quelque chose. Non, un peu par habitude. Parce qu’il sera plus facile ensuite de s’affaler sur le canapé, ou de laisser échapper une clef qu’on aura du mal à rattraper, au sol. Parce que la réponse à la question « d’où tu viens ?  » est connue. Tellement que la question reste sourde. Une finale d’Euskadi perdue, forcément, cela rend triste. Pas besoin d’en rajouter.

P… de Rugby !

Agur