Printemps

C’est parti, du moins officiellement. C’est parti, oui, mais ça n’avance pas …Il pleut. Le jour, la nuit. De l’eau, dont on nous dit qu’on manquera, déjà. Pourtant, ici, l’on pourrait en remplir, des bassines, des cuves, des citernes, des puits…Remplir des puits. Remplir des puits, de pluie. Une ribambelle de puits, pour arroser toutes les cultures du Monde.

Des réserves d’eau pour supporter la sécheresse. Cette affection qui assèche les lèvres, creuse les visages, craquelle l’intérieur, les sentiments, les bons surtout. Ceux qui font faire ou dire des conneries, mais qui permettent plus aisément l’expression de la confiance, ou la solidarité, par exemple.

Des réserves d’eau qui tomberaient sur chacun, chacune, sans épargner personne. Une pluie qui filerait le train.Surtout celui des apprentis-sorciers qui décident, ceux qui se prévalent d’une stratégie qui fonctionne depuis quelques décennies, ici. Diviser, diviser pour mieux régner. Une pluie nouvelle, qui tomberait sur les lieux de décision. Avec des vêtements traversés, des êtres rincés pour apprendre de la forme passive. Ne serait-ce qu’une fois !

Ce serait le premier clin d’œil du Printemps, en attendant que nos cœurs soient repeints au vin blanc, comme chantait si bien Jacques Brel…

Agur