L’orchestre

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Dans les groupes, même s’il n’est pas question de photos, on met les grands, au fond. Ceux-là ont, de plus, le désavantage de se tenir mal. La croissance et ces squelettes qui penchent, vers l’avant, sur le côté. Des courbures que l’on requalifie en « -doses », à la fin.

Ces deux sont des « gros », chez les cordes. Pour autant, rien à voir avec des ficelles. Au contraire, ces instruments se bornent à jouer leur partition, en toute discrétion. Pas d’intentions dissimulées, ici.

Pas comme les petits, dits « violons » qui vont par deux, aussi,  et se tiennent de côté. Je ne sais, à vrai dire, s’ils forment une première ligne de défense ou d’attaque, s’ils sont obnubilés par l’idée de prendre la tangente, ou tout simplement, plus à l’aise, pour se présenter de profil …Ces fantassins des cordes cultivent l’art des couples ou des paires, l’uniformité bousculée aussi. Des pantalons, avec un galon sur le côté, mais pas tous, des chaussures vernies, comme neuves, et d’autres plus ternes, dont on suppose qu’elles procurent, en revanche, un vrai confort. Des pieds, pointe soulevée vers l’avant et d’autres à plat, dans la recherche d’un équilibre et d’une meilleure assise. Ces dames avec des chaussures talons-aiguilles, ou presque plates, des bras nus, d’autres recouverts, d’autres que l’on devine enfin.

Les temps de pause, l’archer pointé vers l’avant, conquérant, ou reposé, à plat sur la cuisse. L’action, surtout, avec l’archer suspendu, tenu à la verticale, entre des pincements avec les doigts et ces mouvements gracieux, comme lorsqu’il s’agit de frotter, ou mieux de glisser sur les cordes, en ayant pour chacune la même considération.

Au fond, figurent quatre « gardiens de but » à moins qu’il ne s’agisse d’un temple. Un pour les percussions, les cymbales voire, un pour le  triangle, les « claquements », un gros cuivre, un technicien-musicien enfin. Ils ont peu à dire, avares de mots en quelque sorte, mais à l’occasion de pauses pertinentes, sont invités à s’exprimer. Tout l’auditoire étant tourné vers eux. En fait, l’opposé du bataillon nombreux des violons, rapides en action, prompts et diserts.

Entre ces deux mondes, un piano sûr de lui, posé, imposant. Des instruments à vent et des cuivres légers, qui ont aussi leur moment de gloire, en solo. Un monsieur debout, de dos, conduit tout ce petit monde. Il semble dans son élément, conviant un tel ou tel autre, modulant l’intensité, un œil sur chacun et un petit temps d’avance sur la partition, qu’il suit, en prenant garde de ne pas la précéder.

L’orchestre  symphonique de Bilbao, les idées larges, a invité un accordéon. L’accordéoniste, élégant et inspiré, c’est comme si tous les musiciens de rue profitaient d’une scène magnifique. Le piano des pauvres au Palais Euskalduna, pour fêter le 8 mars. Belle idée .

Agur

 

2 réflexions sur “L’orchestre

  1. Quel style ! Léger, comme une corde de mandoline, on y est ! Tu maitrises ton instrument Christian ! Les mots t’écoutent au doigt et à l’oeil…..dociles, précis…
    Toi aussi tu mènes ton petit monde de main de maître avec tout l’air qu’il faut pour emplir ses poumons….

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