Sans mesure

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Ce dimanche matin. Du soleil, pas de pluie. Un thermomètre qui indique clairement, qu’il restera sous la couette. Parce qu’en peu de temps, les épaules nues figurent davantage le « plaqué » que le « plaqueur »… Le « plaqueur » ; celui dont on exige qu’il ait les épaules en feu. Pour étreindre l’humanité tout entière. Mais c’est un autre propos.

Quatre degrés au-dessus de zéro. C’est peu, mais les nuages ont disparu. Les gris, les blancs, les peluches de coton, les gros balèzes qui ont l’air menaçants, souriants, imposants. Ceux qui contiennent les pluies, en averse, en hallebarde, en trombe. Ouvrant parfois leurs vannes. Ceux qui sont l’oeuvre de peintres et d’artistes anonymes, de ces créateurs qui refusent les musées et vivent d’éphémère, courageusement, sans plan d’épargne-logement. Sans penser aux lendemains. Qu’il s’agisse de ceux qui chantent, ou des autres. Qui ne chantent pas, qui chantent faux, de rires, de larmes aussi, de sentiments exacerbés parfois. Eh bé…

Les nuages, parlons-en. Je les ai avalés. Avec plaisir. Déposés sur le café, se mélangeant, dans un bain païen. Une douceur supplémentaire. Du chaud, sans froid. Des papilles régalées. Après le plaisir des yeux. Ces nuages flottants, ivres d’arabica, qui coulent pour mon plus grand bonheur. Un dimanche. Un vrai dimanche. Ou je suis si heureux de ne pas aller à la messe, à confesse. D’ailleurs, je n’aurais peut-être pas assez d’un dimanche !

Un jour sans hardiesse ou liesse. Un matin ou j’ai décidé de répéter mes convictions du moment. Dans un office qui ne dit pas son nom, que je dirige, jusqu’à m’y perdre. Un café con leche, puis un cortado, café solo al final. Joli trio. De couleurs, de goûts. D’écume de lait. Sans.

Une succession de plaisirs solitaires, à partager avec moi-même. A s’en repaître. Jusqu’à une petite indigestion. Bien méritée. De la mesure jusqu’au « trop ».

Le journal raconte la vie, d’ici, en noir et blanc et en couleurs. Le football sombre dans la rubrique « faits divers » ;  dramatique. Consternant. Les funérailles sont en couleurs. La connerie, sans limite, rédigée, presqu’annoncée, depuis l’escale à Vitoria. Ils déplorent, certains implorent. D’autres pleurent. Et pour longtemps. San Mamès, en berne.

« Est-ce ainsi que les Hommes vivent ?… »

Agur