Girona 2 Atletic 0, desde un bar en Rekalde…

C’est un bar sympa. Pas un de ces nombreux établissements, en enfilade, avec la télé qui sert du football, tous les soirs ou presque…Pas un de ces nombreux établissements, ou les pèlerins assis au comptoir, ignorent le Monde, tant qu’il ne tourne plus rond…

Une fausse blonde, la trentaine passée, au rire très ordinaire, sa comparse brune qui rit moins souvent, mais plus fort encore. Deux hommes les accompagnent, l’un légèrement dégarni, esquissant à intervalles réguliers, quelques pas de danse, à moins qu’il ne s’agisse de manifester son humeur depuis le bassin…Son compère, blouson de laine, encapuchonné, sort fumer une cigarette. Ils boivent, sans conviction, mais régulièrement. Comme s’il fallait se donner du courage, avant, ou peut-être même saborder ce qui pourrait être doux ou fort. Qui sait ?

Le match a commencé, depuis un peu plus de cinq minutes, un penalty sifflé contre l’Athletic, on a déjà droit à des gesticulations avec les bras, les mains, des paroles ; forcément stupide. Girona 1

Un peu plus loin, un joueur de Girona, tire sur la barre transversale et manifeste son humeur en soulevant son maillot jusqu’aux pectoraux. Quelque chose m’échappe. Surtout qu’avec la pluie constante. Bon, admettons. L’Athletic évolue  plutôt par « bloc » que par « ligne », le bloc de la défense est bas et comme les Bizkaiens ont déjà un train de retard, leur jeu n’avance pas…

Les cinq dernières minutes de ce premier acte, sont Basques. Deux occasions, par Williams et des gesticulations encore, réclamant un tir contré et un corner. Puis par Martinez, d’une superbe volée, d’un ciseau retourné sur la transversale. Au repos Girona 1 Athletic 0.

La mi-temps nous abreuve de publicités et de payeurs, la Banque Santander donnant son nom à la Liga, à moins que ce ne soit l’inverse.

Le jeu reprend, avec une frayeur à la 52ème minute et une passe de la tête trompant le gardien de Girona, sans plus de conséquences. La mixité des boissons, du café au demi, en passant par le zurito ( équivalent du bock) avec du maïs salé et des cacahuètes, semble la nourriture adéquate. Riche, saturée…Prolongée par des haleines dévoreuses de friandises salées.

Deux blondes rondes, en pantalon et cheveux courts, commandent un soda et de la bière. Mère et fille. Un plaisir du dimanche soir, avec une cigarette en terrasse couverte. Elles ont le même visage poupin, une idée d’une corpulence future pour la plus jeune…Une miss en manteau rouge, talons hauts et jean serré, déambule, de grands verres à ballons avec du gin dedans. Elle a commencé en couple, et semble poursuivre seule, allègrement. Jolie, très jolie, maquillée comme si la peinture était en soldes. Plusieurs couches, dont elle pourrait se passer pour se faire remarquer, des couches qui l’auront marquée un peu avant l’heure. La 64 ème minute est fatidique, un centre bien ajusté de la droite, l’attaquant des Rouges et Blancs, à un contre…quatre : tête et but. Girona : 2

Cette action est la conséquence d’un ballon perdu dans l’axe. Fatal !

Un petit garçon brun, les cheveux bouclés, vient s’asseoir avec son père à la table d’à côté. Il est flanqué du maillot de l’Athletic, numéro 20 ADURIZ…

Le père, un verre de vin rouge, le mobile dans la main gauche, des cacahuètes à partager. Le petit garçon qui se rapproche, debout, la main sur l’épaule du paternel. Dans sa main droite, un paquet d’images de footballeurs. Il reste vingt minutes à jouer. Le monsieur gère parfaitement son verre de vin. Moins bien les arachides .Un jeune couple d’amoureux vient d’entrer. Ils sont très bruns, très beaux, de noir vêtus et élégamment chaussés Le football, ils s’en contrefoutent. La terrasse leur ira bien. Le garçon s’occupe des boissons. Il est fier, comme peut l’être un homme accompagné de sa chérie. Il est fier, cela est tout juste perceptible. L’air de ne se soucier de rien. Ça va tellement bien aux garçons, qu’ils devraient l’arborer plus souvent, cet air-là. Juste en écoutant la musique du dedans…

Un couple, la quarantaine passée, entre bientôt suivis de leurs enfants. Une fille qui tient sa trottinette et sa barre chocolatée, brandie comme un étendard. Le frère, du genre organisé, les vignettes de football, dans une boîte métallique, à moins que certaine obsession parentale ne se manifeste là…Le petit garçon vêtu du numéro 20, échange des images avec Iker…Nous sommes à la 87 ème minute, le verre de vin vide. Les deux se lèvent et s’en vont. Aduriz, a beau sauter très haut, à la 91 ème minute…Le score en reste là.

Les hommes se dressent et quittent le bar. La défaite dissipe les suiveurs. Ils rentrent, la défaite en bandoulière. La tête un peu basse…

Agur

 

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