Rugby ; derby et compagnie…ou « C’était mieux avant » (1)

Il y aura des derbys, cette fin de semaine. Deux derbys en Pro D2. Un derby des Landes, entre Mont-de-Marsan et Dax, un autre à Aguilera entre Bayonne et Biarritz.

Deux derbys, deux confrontations entre voisins proches, très proches. Le derby des Landes est l’occasion d’évoquer le rugby en noir et blanc, avec une finale en 1963,à Bordeaux…Une foule immense. Roger Couderc. Un arbitrage honteux, des coups bas et des coups hauts. Sans protocole, mais avec commotion. Préméditation peut-être aussi. Des joueurs qui semblent évoluer sur un espace immense, alors que celui qui leur est dévolu, de nos jours, apparaît trop petit.

Un jeu qui a évolué, clairement. Avec « du bon » et « du moins bon ».

C’était l’époque ou l’on passait par Le Barp, pour aller à Bordeaux, puis plus haut par Saint-André de Cubzac, célèbre pour ses « bouchons » sur la route…

C’était l’époque de l’Algérie, ou l’on finissait d’agresser, et d’être agressés en retour…En feignant de ne pas comprendre.

C’était l’époque ou la télévision , en noir et blanc, ne payait pas pour voir, ou les diffuseurs se contrefoutaient de l’idée du sport.

C’était l’époque ou les enfants ne mettaient pas leur coude à table, mangeaient sans sourciller, la parole ne circulant pas.

C’était l’époque des habits du dimanche, qu’il ne fallait pas salir, forcément…Forcément incompatibles avec la pratique du foot ou du rugby !

C’était l’époque, ou l’on pensait que les Russes allaient nous attaquer, que les Autres étaient forcément « moins », que ces « pauvres noirs »… et que les chinois constituaient un pays de 700 millions d’habitants.

C’était l’époque ou l’Espagne était forcément moins chère, avec une peseta qu’on achetait parfois 5 centimes, de quoi se sentir riches, et qu’importe si Franco…

C’était l’époque d’un réseau social, limité, forcément limité. Très limité. Pas en prise sur le monde. Sans téléphone portable, ni ceinture de sécurité.

C’était l’époque de logements sans chauffage, des routes nationales, des virages, de l’insouciance, et de la claque de l’instituteur, ou de l’institutrice, qui aurait été doublée, si elle n’avait pas été tue…

Pas forcément mieux.

Agur