Carnet de route, vers la nouvelle année (3)…

Au cours de ce périple, un détour par la « Bande Originale » avec Frédéric Lodéon, comme invité. Un musicien, plus tard chef d’orchestre qui régale ses auditeurs, à la radio, la télévision voire. Il est question de Schubert. Schubert, repris par Fauves, dans « Voyou ».

« Barre toi!
Casse toi, je t’ai dit, qu’est-ce qu’il t’faut d’plus?
T’en as pas vu assez?
Et arrête de m’regarder comme ça
T’as rien écouté, t’as rien compris
Comment j’dois te l’dire pour qu’ça imprime?
Écoute pauv’ conne, j’suis pas quelqu’un d’bien
J’suis pas une belle personne
J’suis une sale bête
Une bouteille de gaz dans une cheminée
Et j’vais finir par t’sauter au visage si tu t’approches trop
Comme ça t’es avec les autres!
Mais tu sais pas d’quoi tu parles
J’ai essayé, ça sert à rien, on change pas, on change jamais
Et quand bien même de toute façon, ici y’a pas de deuxième chance
On efface pas les ardoises
Me dis pas que t’es pas au courant, t’as pas vu?… »

Ça ne plaît pas à Frédéric Lodéon. Pas du tout. Cette façon de parler sans façons, grossièrement. Non, vulgairement plutôt. « Pauv’conne », ce n’est pas dans ses manières. Et la bouteille de gaz, de surcroît. Cette évocation ne trouve pas grâce auprès du mélomane.

Moi, Fauves, ça me parle. Je délaisse la radio, fut-ce le service public. J’écoute « Fauves », et donc Schubert un petit peu.

« Non j’ai braqué personne, planté personne, buté personne
Mais j’suis un voyou, c’est comme ça qu’on dit, tout simplement
J’ai fait des choses que j’regrette suffisamment
Suffisamment pour y penser tout l’temps »…

Suffisamment pour y penser souvent. Un peu moins fort. Moins présent. Moins pressant maintenant. J’ai tiré sur le fil des jours d’amour, comme celui des jours ordinaires. Le maintien du quotidien, perturbé par la nostalgie, déjà, malgré la sourdine. Défait le lien. En allé. Pour Ailleurs. Que je ne connais pas encore. Que je découvre, sans même le toucher. A écrire. A dire, à distance. De sourires et de rires à mettre sur « avant », et plus vraiment de mal aux dents. De jolies couleurs de crépuscule. Celui qui revient, mais que l’on  ne retient pas .

Je continue avec « Fauves ».

« Mais surtout elle avait l’air douce
Bienveillante et sereine
Comme si elle avait pas renoncé
À rien, comme si elle avait jamais douté de la beauté du monde
Ni de celles des hommes »

Au fait, j’ai pas besoin d’une infirmière. Je ne vais plus donner ma tête et mes sentiments à réparer. Je ne veux pas de toi, pas de ça. Pas l’intention de laisser mes rêves, même mauvais, derrière moi. Pas besoin non plus qu’on me donne des raisons d’exister, porté que je suis par mes espoirs.

Le trajet s’achève. Commencé en covoiturage, poursuivi en solitaire. Je préférais ne pas partager mes mots, comme un garçon trop fier de son joli sac de billes, soupesant le sac de l’autre avec une moue désapprobatrice. Désolé, je ne joue pas avec tout le monde. Prétentieux avec ça!

Une année à quitter. Un calendrier nouveau à vivre et à vibrer. Du temps couché sur le papier carton, avec des noms, des prénoms. A traduire en émotions. Des pulsations affolées ou à affoler, sans compter. Une belle année à vivre, en Euskadi, ailleurs, prés, loin. Sans limites.

Urte berri on !