Carnet de route, de doutes (1)…

La Rochelle-Nevers-Louhossoa…

Quittant la cité résistante, offerte à tous les vents. Très prisée en cette fin d’année. Avec son rugby vainqueur, de port de ballons et d’attaquants. De beaux joueurs qui vont devant, derrière, fulgurants. Un équipage qui fait chavirer Marcel Deflandre et au-delà, bien au-delà. La Rochelle dans le vent, frais, très frais. Un air du large, un appel qui fait du bien.

La voiture, la radio font bon ménage. Disons que la route glisse un peu plus légèrement. Je passe la rubrique « radios commerciales », très commerciales, les descendantes de Radio Monte-Carlo, et Radio Luxembourg. Je ne comprends même pas la voix des gens qui officient là. Ils sont un petit groupe, ils rient, ils ont un accent et une intonation qu’ils ont dû acquérir en grande surface de  formation d’animateurs-radio dans le vent : in-sup-por-ta-ble, pour moi. Les radios plutôt du service public, ou de ce qu’il en reste, ont ma préférence. Ce matin, il est question de logement, de manière de vivre et d’habiter. Un des intervenants, comme il avoue sa difficulté à modifier l’espace évoque l’autre variable fondamentale : le Temps.

Ainsi d’entendre que des logements peuvent être occupés par des personnes qui n’ont pas le même rythme de vie. Des qui vont habiter le logement, à temps plein, plutôt des seniors, d’autres seulement pour les temps de repas ou les nuits, etc…Il est également question de la conception, l’aménagement des logements, avec une partie plus ou moins importante accordée à l’intimité. Traduisez par « la surface des chambres ». Au rayon, « collectif », il s’agit d’aborder les repas, pris ensemble, séparément, la télévision que l’on ne regarde plus nécessairement en communiant, chacun se réfugiant ou créant (!) sa propre bulle. Je ne peux m’empêcher de penser à l’explosion de ces bulles intimes, comme celles issues de la spéculation. Des bulles qui viennent se heurter à la réalité du virtuel, à moins que ce ne soit l’inverse…Bientôt un traité sur la vie des bulles, depuis la bande dessinée, en passant par ces sphères intimes, pour finir en spéculations. Ces spéculations qui mangent notre pain.

L’après-midi d’une campagne sans saveur. Un arrêt à Châteauroux, patrie chère à Depardieu; un être d’exception dont j’apprécie les outrances. Son envie contagieuse de jouir de l’existence. Longue vie aux jouisseurs !

L’arrivée à Nevers, par des sites aquatiques, La Guerche, Jouet-sur-l’Aubois, la Loire et son canal latéral. L’Aubois, bien sûr et plein de jolis endroits, propriété d’une famille d’exploitants miniers, pour l’un d’entre eux. Une famille enfin débarrassée de l’impôt sur la fortune. Ouf, je me faisais vraiment du mauvais sang à leur sujet !

Nevers me permet une halte amicale, et bien davantage. Nevers terre de rebonds pas vraiment capricieux. L’ellipse bénéficie ici, d’un terrain d’atterrissage nommé « Pré Fleuri ». Un salon ou l’on cause, surtout lorsque Sermoise héberge l’équipage Azur et Or avec ses milliers de fidèles.

Le lendemain, le jour se lève sur Chatel-de-Neuvre. Une discrète avancée orange, tout en nuances, éclairant l’Allier et d’autres étendues d’eau. Très beau.

Une journée de fin de semaine. De fin d’année, avec des « best off » comme chez le nourrisseur déguisé en clown ; celui qui ne nous fait pas rire.

La radio d’information en continu, déverse son flot. Au « hasard qui fait si bien les choses », le contrôle des chômeurs est évoqué. Un contrôle accru ; tout ce qu’abhorrent nos élus si chers. Une déclaration depuis les pentes enneigées des Pyrénées. Une descente à réaction prolongée par le commentateur vedette de la station. Celui-ci, aprés son émission du matin, tôt,  ponctue en fin de matinée, son analyse sur l’imigration de la manière suivante. Si l’on peut considérer l’immigration d’un point de vue humanitaire, étant ainsi enclin à accueillir, il ne faut pas oublier l’entrée dans le gouvernement autrichien de représentants de l’extrême droite, comme la venue d’élus de cette même paroisse, au Bundestag. Sans oublier la Hongrie. Réactionnaire Hongrie, oui, oui…

Le mieux, c’est certainement que chacun reste chez lui. Et que ceux de Moncayolle ne dépassent pas les confins de la Soule. Oui, chacun chez soi. A force d’accueillir, en effet, on favorise la venue de l’extrême-droite. Le tout asséné avec la conviction tranquille. Cette force de persuasion d’un esprit brillant – un de plus- qui s’invite chez nous, instille son analyse puissante, d’une évidente logique binaire. Emballé, c’est pesé. A ce moment, j’écoute Chrissie Hynde, « Don’t get me wrong »…

Plus loin, les Landes me redonneront le sourire. D’abord pour ses sentinelles de pins, se détachant de la forêt, comme des empêcheurs de danser en rond. Bravo à eux. Ensuite,  la vue de ces champs d’asperges, ces longs rubans de plastique recouvrant le sol. J’imagine des personnes déroulant le film, comme l’on ferait d’une nappe en papier qui s’étendrait sur des centaines de mètres. Une sacrée gageure. L’asperge, sous le sol, plusieurs années pour pousser. Je rêve de commentateurs et de chroniqueurs brillants, se répandant…tous les trois ans.

Ce jour s’éteint au Pays Basque. Chaudement. D’une douceur contrastant avec la neige d’Auvergne, les pluies d’avant et d’aprés la Gaillarde.

Ici, c’est comme ailleurs…En mieux.

Agur

 

2 réflexions sur “Carnet de route, de doutes (1)…

  1. C’esr vraiment tout ce que j’aime, ce style, cette poésie et ce réalisme sensible. J’aime moins Depardieu par contre🤣🤣. L’homme. Il vit bruyament et se permet trop de juger les gens simples.
    Bon dernier jour 2017…..😉

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