Conte ordinaire des Basses Pyrénées (2): le dimanche 24 décembre

Des commerces ouverts, à l’intérieur, comme sur la côte. Des commerces ouverts jusqu’au soir. Pour recueillir les fonds de bourses. Les derniers achats, cordons déliés. L’excitation de la dernière heure, pour ceux qui ont l’habitude de faire beaucoup en peu de temps, ou bien le prix de l’indolence pour ceux qui remettent au dimanche, ce qui aurait pu être fait avant.

Les surfeurs sont à l’eau. Pas de bourses, pas de cordons, pas de caisses enregistreuses, de listes et de files d’attente. Les marcheurs sur eau se promènent, ni sur le trottoir, ni sur le bitume, loin des gaz d’échappement. Ils agrémentent la balade des autres, attachés au plancher des vaches. C’est qu’assis sur le parapet, on peut regarder vers l’horizon, l’air un peu moins…

Les marchands de glace, délaissés par Michel Jonasz, en ce moment, ont laissé la voie aux fabricants de churros. Deux petits garçons, dans mon dos, le cornet en guise de trophée, le sucre à la commissure des lèvres. Confortablement assis pour ce qui me semble un goûter royal.

Léo aurait dit « qu’ils s’foutent du tiers comme du quart »…Peut-être. Peut-être pas.  Les adultes peuvent boire un café en paix,  disserter sur la vie qui va. Pas besoin d’en remettre une couche avec ce vieux couillon de Père Noël qui viendra ou ne viendra pas. D’ailleurs, un type qui est prêt à descendre par le conduit d’une cheminée, est prêt à tout. Et puis ce boulot, mal payé, cette tournée pour l’esbroufe, cette barbe blanche qui est passée de mode, cette ambition dérisoire de porter des cadeaux à tous les enfants…Non, mais tout de même !

Moi, je dis qu’il viendra.

Agur

 

Une réflexion sur “Conte ordinaire des Basses Pyrénées (2): le dimanche 24 décembre

  1. Le 24, j’étais au fin fond du Morvan, dans la Nièvre….En vrai, même pas un chat. Juste la brume qui laisse s’échapper quelque chemin « embocagé »….rien, le vert, le gris, le silence et la respiration qui pique….

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