Rekalde, Bilbao, dimanche aprés-midi

 

btyJe ne hais pas les dimanches. Au contraire. Ils ne ressemblent pas aux autres jours.

La nuit va tomber sur Bilbao. Hier plombée par du gris sombre, d’une immense tâche grossière, menaçante, en guise de voûte. Aujourd’hui les cieux sont plus cléments. La nuit vient prendre son tour, mais discrètement. D’ailleurs l’éclairage artificiel-celui de la sécurité des bonnes âmes et des autres aussi-et celui de ce qu’on appelle « les fêtes de fin d’année », sont eux, prompts à se mettre en avant. On n’est pas si loin d’un conflit d’intérêt, finalement…

A l’angle de la rue, des provocateurs de friture sucrée ;  incontournables churros.  Hummm…Plus loin sous un pylône, deux personnes sans toit, s’embrassent consciencieusement. Laborieusement même. Mais sans fièvre. Un baiser long d’une station debout, d’un couple parmi quatre. Le chien, correctement vêtu, stoïque sur le banc, qu’il occupe seul. Dressé sur ses deux pattes de devant. L’air sympathique. Comme quoi, le dimanche modifie la perception!!!

Un monsieur du groupe fait les cents pas. Consciencieusement. Je ne sais pas si la séquence « baiser » l’agace, le hante, provoque en lui un quelconque sentiment autre que de l’impatience. De l’impatience due à quoi, du reste ?…

La séquence « baiser », tendre intermède, s’efface devant la routine. Aprés quelques dernières bouffées d’une cigarette, qui, me semble-t-il,  demeurait allumée dans la main du monsieur-embrasseur, la dame s’en va faire un brin de vaisselle, avec un brin de toilette. La fontaine est à dix mètres. Les ustensiles lavées et rangées. L’aire de jeu est déserte ou presque. Un garçon fait de ce que je voudrais nommer autrement que, « trottinette » avec deux planches de salut. Peut-être une planche pour aller vers les premiers baisers, une autre pour une bouffée de cigarette qui par chance peut rendre malade. Les premiers baisers ne rendent pas malade, eux. Peut-être l’affection des transports amoureux, des émois, avant d’autres à venir ;  cette, ces sensations que l’on poursuivra, cultivera ,qui nous façonneront. Des émotions.

Un baiser, d’un aprés-midi de dimanche. Oh « qu’en blonde j’ai des lacunes… »*.

 

« en blonde, j’ai des lacunes… » : Souchon, évidemment. Géant.