Glane, grappille, maraude

Glaner. Un droit depuis le Moyen-Age. De ramasser ce qui est tombé. Grappiller concerne ce qui reste sur les arbres et les ceps aprés la cueillette. Marauder pourrait consister en un délit de dérober des fruits et légumes.

La condition humaine, sous conditions. Ici et là, des êtres disparaissent pour partie, dans des containers. Penchés vers l’avant, le couvercle soulevé recouvrant la ligne qui va depuis sous les épaules jusqu’ au sommet du crâne. Comme une pyramide de Maslow qu’on se ramasserait sur le coin de la gueule.

Une pyramide qui fait mal. Les besoins physiologiques, difficiles à atteindre ou satisfaire, la partie haute des besoins d’appartenance, d’estime et d’accomplissement de soi, enfoncés dans le corps. L’amour, l’affection, la reconnaissance, l’appréciation ; quand ça entre en vous, ça vrille dedans. Ça fait de gros dégâts. Comme si l’on vous rajoutait un préfixe à la « dignité ». Pour vous éloigner davantage encore des autres.

Alors de regagner l’espèce de poussette déglinguée. Chargée de ferraille ;  quatre sous de manger ou de boire, voire…Un peu de bouffetance pour  continuer à exister. Et se trimbaler, avec la pointe de la pyramide à l’intérieur de soi. Courbés à force.

« Et puis y’a la voix du d’dans qui fait parfois un d’ces boucans* » mais qu’apparemment personne n’entend ?!…

Agur

 

Et puis… : paroles de Léo Ferré « Vingt ans »