Camp blanc de la mort

Il est méconnaissable. Il erre famélique. Même le colibri s’en émeut. Il se demande à quoi bon. D’accomplir encore sa part. De remplir d’eau son bec, pour tenter de circonscrire l’incendie dans la forêt. Comme le conte si bien Pierre Rhabi.

« L’ours brun » de Franck Tashlin ne sera bientôt plus lu. Ou rangé dans les étagères des animaux disparus. Comment en effet, tenir encore sa position d’ours, quand on n’existe plus ?!…

Même les éleveurs de moutons s’en émeuvent. Ceux qui prendraient leur fusil à poudre d’escampette et les autres.

Même les marchands, ceux qui vendent la peau de l’ours. Car le commerce, s’il n’a pas de paroisse, peut devenir insupportable, de cette odeur de mort. De ce teint de cire, de ces traits figés trahissant encore parfois la douleur, malgré les soins prodigués.

Jean-Jacques Annaud, encore, se prend la tête dans les mains en visionnant ce film au titre bientôt funeste…

L’ours blanc se meurt. Ce n’est pas Mozart qu’on assassine, mais une espèce d’êtres vivants. Des animaux dépendants de la banquise. Un choix naturel, en somme.

Nous autres, locataires oublieux, nous dépendons…des banques. C’est un autre choix.

Vous avez une idée de la cotation des ours, en Bourse ?!…

 

 

 

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