Souffle…

Celui du vent me ravit. S’il peut paraître redoutable, inquiétant, sous certaines latitudes, il alterne, ici, un brin cabotin. Avec de l’air chaud en ce moment, comme une ventilation naturelle qui n’en ferait qu’à sa tête. Choisissant, de sa propre initiative, de souffler le contraire du froid.

Ce vent me ravit. Facétieux, en ces lieux. Celui des portes ouvertes du parc, par exemple. Ce matin, les personnes qui s’occupent des espaces verts, débarquent avec force armes et bagages. Les espaces verts, un terme générique pas forcément adéquat. Surtout s’agissant de lieux peuplés d’arbres tristes, toilettés, rasés, comme dans un traitement égalitaire, sans égard pour les différences, les sensibilités, les humeurs ou les envies.

Un traitement égalitaire, pour sauver les apparences, pour motif de contrainte non liée à l’activité. Le soin à apporter aux arbres ou aux végétaux, à cet instant. A concilier avec des temps de travail, des personnes dédiées, des qui pensent et des qui exécutent. Certainement pas les mêmes, comme si l’on pouvait avoir des compétences variées ! Sûrement pas les mêmes : ceux qui pensent toujours à même d’expliquer à ceux qui taillent les végétaux, combien et comment, ils doivent eux- les hiérarques- réfléchir et prendre en considération tant de paramètres, qui vont de la taille des crayons, du format des agendas, et justement en parlant d’agenda, du moment ou il convient de couper les branches, de ramasser les feuilles.

Ce vent qui me ravit, je ne sais pas s’il a eu vent de quelque chose. Peut-être diligemment informé par ces bruits de couloir, eux-mêmes colportés par de menus courants d’air, peut-être…Quoiqu’il en soit, le vent souffle, les feuilles volent. Oh, pas haut. Même pas. A peine un peu moins brillant que les débuts de l’aviation, juste un peu moins haut que Clément Ader et ses inventions.

Moins compliquées aussi les  feuilles. Mais elles décollent et s’envolent. Et notre armée de s’affairer, avec paniers, sacs, et …souffleuses. Nous y voilà. L’invention suprême. Le ridicule qui ne tue pas. Heureusement. L’on eut, sinon, dénombré au moins six décès, ce matin, aux abords du Parc. Des souffleuses, jouets bruyants et inutiles.  Dérisoires joujoux pour adultes en mal de sensations ou de prise sur le monde. Des hommes ramenés plus violemment encore à leur impuissance, leur inefficacité ou tout simplement l’inadéquation. L’inadéquation, comme un fatal destin. Décidé en fonction des agendas et de leurs cases libres. Comme nous l’avons dit plus haut. Probable.

Mais cette inadaptation comme principale vertu, signe bien la marque des hommes, de certains, entre beaucoup et la plupart. De quoi donner à sourire à celles « qui sont l’avenir de l’homme ».

Ce vent me ravit.

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