Il pleut

Il pleut sérieux. De l’eau qui mouille. Qui tombe drue, serrée. Pas vraiment prévisible. Des averses. Comme des avertissements. Pour montrer sa puissance. Pour donner le temps de faire des provisions. D’eau. Pour le moment ou le manque se fera sentir…Violemment.

Il pleut. Du coup, il fait un peu plus froid. Comme si la pluie traversait. Faudra sécher. Après. Des gouttes qui gouttent, sur le carrelage. Discrètement. Une flaque, à l’arrivée. Petite, certes, très réduite, mais « flaque ». Une flaque qui n’a rien d’une flasque. Pas le même sentiment ; ni du touchant,  moins encore du buvant.

Il pleut. Irrationnellement. Sans claquettes ni trompette. Il pleut la nuit. Une jouissance ruisselante, dans le chaud et le sombre. De l’ininterrompu. Instant de conscience éveillée, souriant. La vie des flux et des liquides. Des flots se manifestant parfois sans avis. Des faits et des gestes qui ont leur propre mélodie. D’une écriture sans partition. Plutôt dans le sens d’une vie propre. Qui se fout du « qu’en dira-t-on ». Il pleut. Pas de voie possible entre les gouttes. Faudra passer dessous, ou se réfugier en attendant. Il pleut, j’y vais. C’est mon mois. Sourire.

Agur