Sièges perchés

Elles sont quatre, cinq créatures. Une se tenant debout. Vêtues de jeans ou de pantalons. Une jupe ; donc je regarde ses mollets, amusé, comme elle a de nouvelles chaussures vernies qui lui vont bien…De quoi faire oublier ses cheveux  éternellement gras.

Parmi les autres, un jean dépasse, le tabouret tasse. Le tissu comprimant aussi. L’assise est sereine. Moelleuse sans doute. La dame s’est accordée une pause de « café con leche ». Pas davantage. Une se contente d’une moitié de tabouret, et l’autre moins encore. Avancée qu’elle est sur son siège haut, comme ces gens pressés. Ceux qui pensent à terminer, à « aprés ». Une d’un âge respectable, mais tous les âges le sont, se tient fièrement debout. Sa veste rose à mi-fesses. Elle garde son sac à main, accroché à son avant-bras gauche. Une tendinite à gagner, ou l’idée d’une obligation, forgée, assénée par des siècles de culture monothéiste. Et ses formes variées !

Pour plaider ma cause, ma situation géographique. Assis à une petite table, les yeux à hauteur de postérieurs. A rebours de certains discours, je maintiens ma mire. Aucune envie de baisser les yeux.  Moi, j’aime les fesses.

« -Café solo…eskerrik asko*. »

Agur

 

eskerrik asko : merci en basque, plutôt en Hego Euskadi…Ailleurs  » mil esker » va bien.