Vendredi matin à Hendaye

Je plains ces enfants, sur la plage. Ils commencent par le meilleur. Dans l’eau, dès les neuf heures de matin. Dans leurs tenues colorées, à poursuivre l’Océan qui se retire sur la pointe des pieds. Les planches de surf posées sur le sable. Les petites créatures qui s’avancent. Pour glisser sur les vagues, tout en grâce, l’esprit léger porté par les flots. Corps légers, esprits flottants.

J’imagine la journée à venir. Enfermés dans une salle de classe. Une odeur du dedans, peut-être perturbée, en fin de journée, par un inventaire ou une poésie de Jacques Prévert. D’ici-là, il aura fallu résoudre ces problèmes de robinets qui coulent et qui remplissent, ou de trains qui roulent à telle vitesse, durant tant de temps…

Glisser sur l’Océan, glisser sur l’Océan, tant qu’il est encore temps. Glisser sur l’écume des jours moelleux d’Automne, en Euskadi. Contempler le tableau du ciel cotonneux, moutonneux, avec le soleil en demi-teinte : un trait de lumière pour éclairer ces petits êtres de vert, de bleu ou de rouge vêtus. Garder en mémoire ces moments de Bonheur, les prolonger à l’âge adulte, en allant pieds nus sur le sable, après une journée de travail…

Agur