Lekeitio de noche*

Des enfants sur la place. Du football. Bien sûr. Des maillots du Brésil, aussi. Des rencontres, qui ne sont pas encore des  matches. Des rencontres à beaucoup contre nombreux sur cette place qui doit leur paraître immense…Cette place qui accueille aussi les vélos des triathlètes. Une place de champions. De futurs  » Kirol Gizona ».

Des rencontres à trois contre trois. Avec ce petit être à genoux sur le sol, le ballon recouvert par son corps, qui semble éprouver une grande douleur. D’autres mains gentiment, fermement l’aident à se relever. A se remettre sur pieds. C’est que le ballon n’est plus disponible ! Quelques uns se sont réfugiés dans le kiosque. Toujours avec un ballon de football. De la hauteur et un espace réduit, une balustrade qui renvoie le ballon de manière impartiale. Et la partie à deux contre un peut avoir lieu ! Les cris aussi. Un vivant volume sonore. Des bruits de la Vie.

Les adultes prennent le temps. Pas celui du football. Celui de la rencontre autour d’un verre. De la vie hors de chez soi. Avec les Autres. Parmi eux. De l’intergénérationnel spontané. Un véritable espace de liberté pour tous ces enfants, une confiance mutuelle des  adultes, pouvant se permettre un œil sur leur progéniture, de ci, de là. Une communauté de voisins, de cousins, de parents ou pas, d’enfants blancs qui s’expriment en basque, d’autres qui ne le sont pas, mais qui se feront à l’euskera aussi.

Sur l’eau « Kalamua » se meut tout doucement. Il semble ne pas décider à quitter le port. Il a allumé son éclairage, manœuvre sans se presser. Comme s’il s’agissait de terminer son verre ou le dernier pintxo, en le savourant. En discutant, devant une assiette de poulpes, j’apprends que « l’Ondartza », le vert à l’effigie du « Che » ( chronique du 19 juin), mouille plutôt du côté d’Ondarroa. Ainsi, si j’ai bien compris, le beau Kalamua serait le seul représentant de l’activité de pêche à Lekeitio…

Je le regarde avec encore plus d’attention. La place s’est vidée. Les parties de football ont cessé. Quelques derniers verres pour entrer dans la nuit sans états d’âme, à moins qu’il ne s’agisse de les exacerber…Des couleurs, un éclairage puissant, Août va bien à Lekeitio.

Agur
dav

 

Lekeitio de noche : Lekeitio le soir