Aste Nagusia Bilbao : brigade d’intervention de…propreté ! (2)

davPas de conflit, ni de violence. Non, loin s’en faut. Mais après le lancement et les trémoussements de Marijaia, il a fallu faire place nette. Des ordres avaient été donnés. Le bataillon de nettoyeurs, en uniforme orange et vert, armés de jets d’eau. Le chauffeur dans son petit camion qui avance au pas. Deux hommes, pas en uniforme, la hiérarchie, avec des talkie-walkie et des consignes à transmettre. Forcément, quand on est « chef »…
Le coup de balai est rude. Les poubelles débordent déjà. Parmi les « brigadiers » un homme avec une chaîne attachée à la ceinture ; c’est lui qui a la clef. Il vient ouvrir la poubelle métallique, fermée à clef, dans son habitacle. Son collègue au coup de balai vigoureux, vide la poubelle dans une benne en plastique. L’arrosage mouille les passants proches du trottoir. Parmi eux, un couple d’une soixantaine d’années. L’homme en tee-shirt Lacoste noir, levant les yeux au ciel.

Dans chaque rassemblement populaire ou festif, on trouve une ou un « égaré », qui se demande bien ce qu’il fait là ! A fortiori quand plus de trois cent cinquante mille personnes savent pertinemment, que la Fête va battre son plein à cet endroit ! Et l’énergumène, seul au monde, dépité, ahuri, sidéré. Je ne le plains pas. Etre à ce point décalé est une sorte de performance. Quelques jeunes gens, dont  certains déambulent recouverts de jus de fruits, de farine, poisseux, déjà, savent, eux, parfaitement où ils se trouvent. Quelques garçons téméraires, un brin trop fiers de leur plastique, demandent aux brigadiers de les arroser. Ils y ont droit, les « brigadiers » faisant la part des choses entre leur travail, la nécessité « d’être dans la Fête » sans s’y adonner vraiment. La hiérarchie n’est pas loin. Et la cible des jets d’eau est au sol. Pas en l’air…

De tout cela, une petite société un peu plus loin, n’ a cure. Ils sont six, deux couples et deux hommes. Des trentenaires qui viennent de dépasser les trentièmes « installants ». Le couple avec enfant, dans une poussette, est organisé. D’ailleurs la poussette est pour beaucoup dans l’intendance. Une canette de bière pour les parents, ainsi que du biberon pour le petit être. Dans les bras de son père, en mouvement, gentiment. La mère en short, bleu marine assorti à son panuelo bleu, le haut recouvert d’un marcel orange. Des tennis aux pieds, ancrée dans la réalité. L’autre couple, plus dans le style motard. Elle surtout, vêtue d’un noir blouson. Lui, un grand barbu, avec des cheveux longs, un débardeur noir et une jupe bleue marine…Comme il a une jolie descente, j’imagine des passages aux toilettes rapidement réparateurs. Son acolyte barbu, lui aussi, cheveux courts avec une chemise type « Canada », noir et rouge – il ne fait que 29 degrés- est serein. Il a un gobelet, qui contient bien, qui le tient et auquel il tient. Le contenant comporte un petit crochet par lequel un lien coule. Le dit-lien autour du cou. Manière de ne pas oublier d’accomplir ses bières . Les pieds des trentenaires sont sportivement chaussés, ceux de l’espèce d’Highlander Euskaldun, portent  des chaussures  de randonnée. Montantes. Peut-être pour mieux appréhender le relief des Fêtes. Ses  montées d’adrénaline, ces temps d’égrégore lorsqu’on chante à l’unisson, ses descentes :  de flux, du jour qui s’enfuit sur la pointe des pieds, laissant toute leur place aux txosnas, et à leur accueil joyeux.

Laisser Août s’écouler, sans  le retenir, mais en jouissant de ses jours déclinants, jusqu’au prochain dimanche. Agur ! sdr