« Hondarrabia ta Donostia ere bai Bilbao », en partant de Louhossoa !

Un matin d’aprés quinze Août. Mais qui compte toujours pour la période « été ». Un matin nuageux, triste aprés Barcelone, aussi. Un matin qui s’étire, en voiture, avec la radio. La veille, depuis Bilbao et la libération de Rafael Diez, des informations, des paroles et des palabres pour remplir le temps d’antenne. Une description répétée, puis des échanges en studio. Sur un futur évoqué alors que le présent est si fragile. Cette injonction paradoxale du Temps, qui nous oblige. A nous projeter, quand on a perdu les rênes. Quand le Futur a lâché prise. Décidé à nous larguer. Un astéroïde sur le coin de la gueule, une famine de ne pas avoir voulu partager, une pénurie organisée de ne pas AIMER, une gabegie orchestrée  en marketing, packaging, jean…De quoi désaimer les  » Maisons Blanches » !

Le lendemain, depuis Souraïde et la carrière d’ophite. Dans la zone autorisée à produire du piment d’Espelette. Une parcelle de maïs, en montant vers Saint-Pée, une exploitation avec des moutons, parfois rassemblés  sous un grand arbre. Comme s’ils tenaient conseil, là. En arrière-plan, la carrière d’ophite, donc, pour la construction d’enrochements et d’épis destinés à  protéger les plages du littoral.

L’intérieur au secours de la côte et de son flot qu’elle daigne déverser, manière de répartir les heureux, les euros. Un peu de « montacampagne » bucolique, typique, originale, verte, avec des autochtones qui ont l’habitude d’accueillir les « plusfortsdumonde »; d’où des rencontres parfois « râpeuses ». Avec en toile de fond, cette dualité permanente du tourisme qui nourrit,  élevant considérablement le coût de la vie, rendant cher le logement. Evidemment.

Comment, à ce sujet, ne pas manifester son sentiment, lors de la période d’été ?! Justement quand ILS sont là. Pourquoi ne pas dire son inquiétude ou sa crainte de ne pas pouvoir vivre ici ?! Nous sommes peuplés d’états-d’âme. Sans doute est-il plus sain d’exprimer ce ressenti, avant que de se trouver dans « tous ses états ». Submergé par son âme, même aprés que l’on en soit plus chargé.

Comme il est question d’Hannah Arendt, de sa vie, son oeuvre, son quotidien à penser, panser voire (?) sur France Culture…Je retiens cette phrase dans le flot incessant d’automobiles à Saint-Jean de Luz. Une ville prise d’assaut. Un port attaqué par les voitures ;  qui l’eut cru ?! Comme quoi, le danger peut surgir de l’intérieur aussi. Cette phrase, plus tard en échangeant avec Fabianna, jeune Vénézuélienne venue vivre à Bilbao, il y a trois ans. Quittant son pays, ses parents, dans l’espoir d’une vie meilleure.

Cette phrase donc : « …elle avait cette capacité, à rendre présente, l’absence, par sa pensée. » De quoi accompagner l’exil, peut-être aussi de surmonter le sentiment de solitude ?

Agur