Une valise

sdr

Une valise dans les tons. Une valise qui se fond. Dans le brun. Le marron. Le chocolat, dit-on maintenant. La gourmandise jusque sur les plafonds et les parois. Une valise qui hésite. Qui attend. Entre dévaler les escaliers, ou  se laisser couler dans l’ascenseur.

Il faudra cependant la pousser, la prendre ou la soulever. Un objet ne se meut pas par lui-même.

Et si elle contenait des fonds ? Des fonds secrets, provenant de l’étranger…Oui, de l’étrange étranger. Evidemment. Ici, l’on ne connaît que des fonds propres !

Une valise à double-fond.  De l’argent sale ; comme si l’argent était propre ?!…De l’argent qui laverait, les poignes et les consciences.  De l’argent jusqu’à la sépulture, à payer comptant. Pour le droit de s’allonger dans une valise en bois, portée à bout de bras.

De l’argent qui compromet, se perd en promesses, se confond en excuses, mais va bien dans la main. De l’argent de poche, tout proche…De quoi combler les trous, ou les agrandir. Passer un jour, sous la barre des trois pour cent, comme des contorsionnistes en représentation, à Bruxelles, par exemple.