15 Août et aprés

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Venue d’on ne sait ou, une musique. Le Concierto d’Aranjuez, une version « bon marché », du style musique d’ambiance, qui vous transporte pendant quelques minutes, l’air de rien.

Sans vous prendre, vous étreindre, en vous accompagnant pendant vos tâches ménagères, comme un témoin qui resterait sur la pointe des pieds…De ceux qui ne veulent pas gêner et qui vont vous emmerder durant toute la matinée ! Une espèce que l’on sent venir, envahir, l’air de rien.

La cour d’immeubles  porte mal son nom, car elle n’est pas courte. Une courte échelle ne permettrait pas de s’ échapper. C’est comme une place d’où l’on ne pourrait  s’extraire que par le  haut. Haut. Une illusion. Un lieu qui permet d’appréhender la météo, à coup sûr…en se trompant. Le chaud n’est pas rendu comme il devrait, la pluie se met en sourdine, si ce n’est le ploc-ploc sur le parapluie. Le ciel n’arrange pas, en se planquant derrière les toits des immeubles, l’air de rien.

La musique enchaîne, c’est désormais la mélodie du « Parrain », je me figure Dalida. Très  belle. L’attitude, les gestes, la posture. Magnifique. Tendrement grave. Toujours pas de localisation possible. Une idée de la base d’émission, mais pas de localisation précise, mon Commandant (!?!). Une conversation, au loin. Un volume sonore faible, ce qui n’est pas la règle dans un quartier populaire. Mais veiller tard et se lever tôt, populaire ou pas, ça va un moment, l’air de rien.

Un matin de 15 Août, avec son lot de « conneries » imprégnées, gravées dans le marbre. Celui des expressions populaires, parfois foulées, parfois mises en avant, avec un petit quelque chose de mauvaise foi, parce qu’on sait très bien que ce n’est pas vrai, mais ON ne peut pas s’en empêcher. Les « aprés le quinze août, c’est la fin de l’été »,  « aprés le quinze août, il ne reste plus rien de l’été »,  « aprés le quinze août, les estivants s’en vont, c’est la fin ». L’air de rien.

La fin de l’été qui dure jusqu’au 21 septembre ?  La rentrée, la fameuse rentrée, se prépare-t-elle entre le 16 août et le 3 septembre ?…Parce que là, effectivement, quinze jours pour préparer une rentrée, la rentrée, c’est effectivement une p…de rentrée. Vaut mieux n’en avoir qu’une à faire, à ce tarif-là. Mieux même, à ce prix, peut-être que ne pas s’arrêter serait profitable, sachant que cela nous ferait économiser quinze jours de préparation de…rentrée. Quinze jours à  » économiser », à « s’économiser », comme si nous étions encore en congés, l’air de rien. Pas de rentrée et quinze jours de congés, à se prélasser, ou à s’activer, à écouter de la musique, qui dégoulinerait sans mauvaises intentions, de la grande musique, de la belle musique, assister à des concerts, vibrer au son des gaitas et des txistus. L’air de rien.

La vie est là, aprés le quinze août, déclinée en « Lionnes et Lions » natifs du signe, symboles vivants de l’été…Même aprés le quinze août, si, si !